Gabon : Sylvia et Noureddin Bongo jugés par contumace, un test pour la justice nationale
Com dAfrik / 4 jours
12 novembre 2025
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Le 10 novembre 2025, s’ouvre à Libreville le procès par contumace de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Bongo Valentin, devant la Cour criminelle spéciale. Accusés de détournement de biens publics, blanchiment de capitaux et corruption, les deux membres de la famille Bongo, actuellement exilés à Londres, se retrouvent au centre d’une affaire qui concentre l’attention politique et judiciaire du pays.
Lors d’un point de presse le 7 novembre, le porte-parole de la présidence, Théophane Nzame Nze Biyoghe, a affirmé que le gouvernement « laisse la justice suivre son cours », tout en dénonçant les vidéos publiées par Noureddin Bongo, perçues comme une tentative de déstabilisation depuis l’étranger.
Ce procès, premier du genre depuis la chute d’Ali Bongo, est considéré comme un baromètre de l’indépendance judiciaire gabonaise et de la volonté du pouvoir actuel de rompre avec l’impunité des élites du précédent régime.
Pour Com d’Afrik, ce procès représente un moment charnière pour la crédibilité de la justice au Gabon. Au-delà des accusations portées contre Sylvia et Noureddin Bongo, il s’agit d’observer si le système judiciaire peut agir de manière impartiale face à des figures puissantes.
La transparence des audiences, le respect du droit à la défense et la publication des décisions seront déterminants pour restaurer la confiance des citoyens dans les institutions. L’enjeu dépasse le simple dossier judiciaire : il touche à la consolidation de l’État de droit et à la lutte contre la corruption dans le pays.