Selon des informations relayées par Peuple Infos, 128 700 jeunes diplômés attendent actuellement un recrutement au sein de la fonction publique gabonaise, sans perspectives claires de traitement favorable. Cette situation met en évidence une crise structurelle de l’emploi des jeunes, qui reste un défi majeur pour le pays.
Alors que le Gabon affiche des ambitions de modernisation et de relance économique, une partie importante de sa jeunesse qualifiée reste exclue du marché du travail, notamment du secteur public, qui devrait pourtant constituer un levier central d’insertion professionnelle. L’absence de réponses concrètes à cette demande massive questionne la capacité de l’État à valoriser ce capital humain et à le transformer en moteur de développement.
Des chiffres révélateurs
Selon la Direction générale du Budget, la fonction publique comptait 97 986 agents en 2024, soit une augmentation de 6 % par rapport à 2023 (92 471 agents), représentant 5 551 postes supplémentaires. Cette progression résulte essentiellement des régularisations administratives en cours depuis deux ans et des recrutements dans les corps militaire et paramilitaire.
Malgré cette augmentation, la demande reste largement insatisfaite et contribue à un taux de chômage des jeunes évalué à 30 % par la Banque mondiale, soulignant l’urgence de solutions durables.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette situation illustre un enjeu majeur pour le Gabon : comment absorber efficacement une jeunesse formée et éviter que des compétences précieuses ne soient perdues ? D’un point de vue journalistique, plusieurs constats peuvent être faits :
- La fonction publique, souvent perçue comme le principal moteur d’insertion professionnelle, n’est pas en mesure de répondre à la demande croissante des jeunes diplômés.
- Les mesures ponctuelles ou les recrutements limités, bien qu’utiles, ne suffisent pas à résoudre un problème structurel qui nécessite une planification à long terme et la création de passerelles vers le secteur privé et l’entrepreneuriat.
- L’accumulation de talents non intégrés représente une menace pour la cohésion sociale et freine la capacité du pays à transformer son capital humain en levier de croissance économique.
Pour Com d’Afrik, l’urgence est double : trouver des solutions structurelles et innovantes pour l’emploi des jeunes, tout en renforçant la capacité du secteur public à absorber les diplômés et à en faire un moteur de développement durable.