Après 20 mois de détention consécutifs au coup d’État d’août 2023, Noureddin Bongo Valentin, fils de l’ancien président Ali Bongo, s’exprime pour la première fois dans un long entretien accordé à l’hebdomadaire britannique The Standard.
Dans ce témoignage détaillé, il affirme avoir subi de multiples sévices : passages à tabac, coups dans les parties génitales, simulation de noyade, ingestion forcée d’alcool, décharges électriques, privations de nourriture et conditions de détention dégradantes.
Il raconte également que sa mère aurait été frappée et étranglée devant lui, les gardiens cherchant à obtenir des informations sur les actifs de la famille.
Ces accusations de torture sont au cœur d’une plainte déposée en France en 2024 pour « séquestration, détention arbitraire, actes de torture et de barbarie ».
De son côté, le gouvernement gabonais rejette catégoriquement ces allégations.
Noureddin Bongo affirme n’avoir jamais eu d’ambitions politiques, se considérant davantage britannique que gabonais, et qualifie son implication passée à Libreville de contrainte familiale.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette prise de parole soulève plusieurs enjeux majeurs :
1️⃣ Sur le plan judiciaire, ces accusations, si elles sont avérées, pourraient ouvrir un contentieux sensible entre Libreville et la justice française.
2️⃣ Sur le plan politique, elles risquent d’alimenter le débat national sur la gouvernance, la transparence et le traitement des figures liées à l’ancien régime.
3️⃣ Sur le plan diplomatique, l’implication d’un média britannique de premier plan donne une visibilité internationale à cette affaire, renforçant la pression sur les autorités gabonaises.
En définitive, ce témoignage marque une étape dans la reconstruction du récit post-coup d’État et dans la bataille pour la légitimité entre mémoire, justice et perception publique.