Selon les données publiées par la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor ainsi que la Direction générale de l’Économie et de la politique fiscale, les recettes pétrolières du Gabon ont connu une baisse significative en 2024, chutant de 17,4 % à 1 142,2 milliards de FCFA.
👉 Cette contre-performance est principalement liée au recul de l’impôt sur les sociétés pétrolières (-38,6 %, soit 374 milliards de FCFA) ainsi qu’à la baisse des autres recettes, conséquence de la diminution du prix du baril gabonais malgré une hausse de la production et une rémunération des dividendes plus importante.
En 2024, les recettes pétrolières ont représenté 36,7 % du PIB pétrolier, soit un recul de 18,5 points par rapport à 2023. Leur poids dans les recettes budgétaires a également diminué, passant à 39,2 %, contre plus de 46 % l’année précédente.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette baisse souligne une vulnérabilité persistante de l’économie gabonaise face aux fluctuations du marché international des hydrocarbures. Bien que la production ait augmenté, la dépendance vis-à-vis des cours mondiaux fragilise la stabilité budgétaire du pays.
L’autre enjeu majeur réside dans la capacité de l’État à diversifier ses sources de revenus. La chute de l’IS pétrolier rappelle que l’assiette fiscale nationale reste encore trop concentrée sur le secteur extractif. Sans réformes structurelles fortes et un appui sur d’autres moteurs de croissance (agriculture, transformation locale, services), le risque est grand de voir ces variations conjoncturelles impacter durablement les finances publiques.
Le défi du Gabon est donc clair : transformer la richesse pétrolière en catalyseur d’une économie plus résiliente et moins dépendante.