Com d'Afrik

Gabon : Les plateformes pour adultes se hissent parmi les sites les plus visités en octobre

Les données publiées par Semrush pour octobre 2025 livrent une image inattendue des usages numériques au Gabon. Alors que le classement mensuel est généralement dominé par les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et les services de messagerie, deux plateformes pour adultes — Pornhub et Xvideos — se retrouvent parmi les dix sites les plus visités du pays.

Comme attendu, Google.com reste largement en tête avec 968 040 visites, suivi par Youtube.com (583 340) et Facebook.com (178 870). ChatGPT.com se place déjà en quatrième position avec 159 760 visites, devant Whatsapp.com et ses 138 990 connexions. Mais c’est à partir de la sixième place que le classement surprend : Pornhub.com enregistre 76 390 visites au mois d’octobre, tandis qu’Xvideos.com en comptabilise 52 580, dépassant même Bing.com, relégué à la huitième position. French-stream.com clôture ce top 10.

Une tendance qui suscite interrogations

La présence de deux sites pornographiques si haut dans un classement national mesuré sur une population connectée d’environ 1,2 million d’internautes invite à s’interroger sur les habitudes de consommation numérique au Gabon. Plusieurs éléments peuvent expliquer ce phénomène :

– Le coût élevé de la connexion internet et la faiblesse du débit, qui encouragent des usages rapides et facilement accessibles ;

– Le manque de dispositifs de contrôle parental sur les forfaits mobiles, offrant un accès quasi illimité aux contenus adultes ;

– Le poids des tabous autour de la sexualité, qui pousse de nombreux internautes vers des espaces anonymes d’exploration ;

– La pauvreté de l’offre locale de divertissement en ligne, laissant les plateformes internationales occuper tout l’espace.

L’ampleur de cette consommation pose néanmoins un réel questionnement sociétal, notamment en matière de protection des mineurs, d’éducation numérique et de responsabilité des opérateurs.

Le regard de Com d’Afrik

D’un point de vue journalistique, ces chiffres mettent en lumière les paradoxes de l’écosystème numérique gabonais. D’un côté, ils révèlent une adoption toujours croissante des outils technologiques — la montée rapide de ChatGPT en est un indicateur clair. De l’autre, ils témoignent d’un vide structurel : l’absence de contenus locaux attractifs, encadrés et adaptés aux différents publics.

La forte présence des plateformes pour adultes ne doit donc pas être lue uniquement comme un signe de « curiosité » nationale, mais comme la conséquence d’un environnement digital qui peine encore à proposer des contenus éducatifs, culturels ou récréatifs capables de rivaliser en accessibilité et en visibilité.

Pour les autorités comme pour les opérateurs, cette tendance rappelle l’urgence d’un débat national sur la régulation du numérique, la création d’une offre locale compétitive et le renforcement de la littératie digitale. À défaut, le paysage en ligne gabonais restera dominé par des plateformes étrangères, sans contrôle et sans véritable valeur ajoutée pour la société.

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *