Com d'Afrik

Gabon : Le SYNAMAG alerte sur un Conseil supérieur de la magistrature hors-la-loi

Le Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG) a exprimé, le 19 septembre 2025, son fort mécontentement face aux pratiques du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Son président, Landry Abaga Essono, dénonce des irrégularités répétées lors de la session extraordinaire du 12 septembre 2025, menaçant de saisir le Conseil d’État si aucune correction n’est apportée.

Les griefs sont nombreux :

  • Calendrier légal bafoué : les sessions ordinaires du CSM, fixées en juillet par la loi organique n°017/2022, sont désormais tenues tardivement, provoquant désorganisation des juridictions et insécurité professionnelle pour les magistrats.
  • Double standard et affectations contestables : réintégrations et promotions en contradiction avec le statut, retards dans les titularisations d’office des stagiaires, maintien en activité au-delà de l’âge légal.
  • Mix politique et judiciaire : des magistrats candidats à des élections continueraient d’exercer sans mise en disponibilité officielle, posant un problème d’éthique.
  • Cas emblématiques : nomination d’une non-magistrate comme juge d’instruction à Oyem, inclusion d’un magistrat décédé parmi les nommés, et gestion administrative erratique.

Le SYNAMAG exige un retour strict au cadre légal, sous peine de recours juridique, et alerte sur le risque d’une gouvernance judiciaire fragile dans un pays qui aspire à refonder l’État de droit.

✨ Le regard de Com d’Afrik

Cette sortie du SYNAMAG révèle une tension profonde entre normes légales et pratiques institutionnelles au sein du système judiciaire gabonais. Au-delà des dysfonctionnements administratifs, c’est la crédibilité et l’indépendance de la magistrature qui sont en jeu.
Le calendrier, les affectations, les promotions et la titularisation des stagiaires ne sont pas de simples détails : ils structurent la continuité du service public et la confiance des citoyens dans la justice.
À travers cette alerte, le SYNAMAG rappelle que la réforme de la justice ne peut se réduire à la rédaction de textes : elle exige une application rigoureuse et cohérente des règles, sous peine de compromettre la légitimité de l’ensemble de l’institution judiciaire.
En somme, la profession se positionne comme gardienne de la légalité, prête à recourir aux voies institutionnelles pour défendre l’État de droit et assurer la justice pour tous.

 

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *