Gabon : Le SAMU social brise les tabous en dépistant plus de 600 hommes du cancer du sein
Com dAfrik / 21 minutes
7 novembre 2025
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Longtemps considéré comme une pathologie exclusivement féminine, le cancer du sein chez l’homme reste encore méconnu, bien qu’il représente entre 0,5 % et 1 % de l’ensemble des cas recensés dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Une méconnaissance qui retarde souvent les diagnostics et réduit les chances de traitement efficace.
Chaque année, près de 25 000 nouveaux cas sont identifiés chez les hommes, contre plus de 2,3 millions chez les femmes. Cette forte disparité alimente une perception erronée : celle que les hommes ne sont pas concernés par cette maladie. Résultat, beaucoup ignorent les signes d’alerte tels que l’apparition d’une boule, un écoulement ou une rétraction du mamelon — des symptômes pourtant similaires à ceux observés chez la femme.
Au Gabon, une initiative du SAMU social menée en octobre 2025 dans le Grand Libreville a permis d’amorcer une prise de conscience. Dans le cadre de la lutte nationale contre les cancers, 67 864 personnes ont été sensibilisées, dont 623 hommes dépistés du cancer du sein. Les traitements proposés aux hommes suivent les mêmes protocoles que ceux des femmes : chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie ou chimiothérapie.
Au-delà des chiffres, cette campagne révèle une réalité sociétale encore fragile : la santé masculine reste prisonnière de nombreux stéréotypes. Dans un contexte où parler de cancer du sein chez l’homme peut encore susciter gêne ou incompréhension, le travail du SAMU social s’impose comme un acte fort de déconstruction culturelle et de santé publique.
Com d’Afrik salue cette démarche qui ne se limite pas à soigner, mais qui ouvre un espace de parole et de sensibilisation, invitant les hommes à se sentir légitimes dans le combat contre le cancer.
Il est temps de démasculiniser le silence et de rappeler que la santé n’a pas de genre : un diagnostic précoce, quel que soit le sexe, demeure la clé pour sauver des vies.