Le retentissant procès de la « Young Team » entre dans une nouvelle phase. Ce lundi 18 novembre 2025, lors de son réquisitoire, le procureur général Eddy Minang a annoncé une décision majeure : toutes les personnalités citées durant l’instruction devront comparaître à la barre pour s’expliquer sur leur implication présumée. L’objectif affiché est de faire la lumière sur ce que le procureur qualifie de « cas de pillage jamais vu au Gabon ».
Parmi les noms mentionnés figurent d’anciens hauts responsables de l’État, notamment :
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Pascal Ogowé Siffon (ex-ministre et ancien Premier ministre)
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Alain Claude Bilie By Nze (ancien ministre)
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Yann Koubdje et Fabrice Andjoua Ondimba (anciens hauts responsables des finances publiques, TPG et DGBFIP)
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Lapensee Essingone, ancien candidat à la présidentielle de 2025.
Les dirigeants des principales banques du pays — BGFI, Orabank et UGB — sont également convoqués pour clarifier leur rôle présumé dans cette affaire.
📰 Le regard de Com d’Afrik
Cette décision du parquet marque un tournant dans la lutte contre la corruption et le détournement de fonds publics au Gabon. En convoquant les plus hauts responsables de l’État et des institutions financières, le procès dépasse désormais le cadre d’un simple groupe de co-accusés pour examiner les réseaux de responsabilités à l’échelle nationale.
Pour Com d’Afrik, plusieurs points sont à souligner :
1️⃣ Renforcement de la crédibilité judiciaire : cette démarche envoie un signal fort à la population et aux partenaires internationaux sur la volonté de la Transition de traiter les dossiers de corruption dans leur globalité.
2️⃣ Transparence et responsabilité : entendre les personnalités citées permettra de clarifier les mécanismes de détournement et les complicités éventuelles.
3️⃣ Risques politiques et sociaux : un procès impliquant d’anciens hauts responsables reste sensible et devra être conduit avec rigueur pour éviter toute perception de partialité.
L’issue de cette phase sera déterminante pour mesurer la capacité de la justice gabonaise à imposer l’impartialité et la rigueur dans la gouvernance publique.