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Gabon : jusqu’à 5 ans de prison pour les prêts d’argent entre particuliers à intérêt

Dans un contexte marqué par l’inflation et la difficulté d’accès au crédit bancaire, de nombreux Gabonais se tournent vers les prêts informels entre particuliers. Pourtant, cette pratique est strictement encadrée par la loi.

👉 Selon l’article 578 du Code pénal gabonais (loi n°042/2018 modifiée), issu de la réforme de 2019, toute personne exerçant des activités de prêt sans autorisation légale risque jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 10 millions de FCFA d’amende.

En réalité, cette disposition vise principalement les maisons de prêt sur gage informelles. Toutefois, elle s’applique aussi aux prêts à intérêt entre particuliers, ceux-ci nécessitant une autorisation légale. Malgré cette interdiction, les pratiques usuraires persistent, avec des taux pouvant atteindre 50 % par mois, alimentant un cercle vicieux d’endettement et fragilisant de nombreuses familles.

⚖️ Les juristes rappellent que seuls les établissements agréés sont habilités à accorder des prêts rémunérés. Les prêts entre particuliers doivent être gratuits ou sans intérêt, sous peine de sanctions.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Cette situation illustre une double réalité. D’un côté, l’État cherche à protéger les citoyens contre l’exploitation financière. De l’autre, elle met en lumière une faille structurelle du système bancaire gabonais : un accès trop limité au crédit formel pour les ménages et les petites entreprises.

Le recours massif aux prêts informels n’est pas seulement un problème juridique, c’est un symptôme économique et social. L’absence de solutions de financement accessibles pousse les citoyens vers des alternatives illégales, mais indispensables pour survivre au quotidien.

Pour sortir de cette impasse, une réflexion s’impose : comment renforcer l’inclusion financière au Gabon tout en luttant efficacement contre l’usure ? La réponse pourrait passer par un meilleur encadrement du microcrédit, une digitalisation de l’accès au financement, et une pédagogie financière plus large auprès des populations.

 

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