Le Gabon avance ses pions sur l’échiquier juridique africain. À l’occasion de la 59ᵉ session du Conseil des ministres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), prévue les 11 et 12 septembre à N’Djamena, Libreville présentera deux candidatures de haut niveau pour intégrer la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) d’Abidjan.
En compétition avec 12 candidats issus de huit États membres, le Gabon mise sur Fulgence Ongama, magistrat hors hiérarchie et avocat général à la Cour de cassation, ainsi que sur Charles Mba Owono, enseignant-chercheur et avocat au Barreau du Gabon. Deux profils solides qui incarnent l’expertise nationale dans le domaine du droit.
La délégation nationale, conduite par Arlette Mermoz Ntsame Nzeng, directrice générale des affaires civiles au ministère de la Justice, portera la voix du Gabon à ce rendez-vous stratégique.
Une session aux enjeux majeurs
Outre l’élection des cinq juges, les ministres de l’OHADA plancheront sur des réformes structurantes : révision du règlement intérieur du Conseil des ministres, redéfinition du rôle des Commissions nationales, et modernisation du cadre tarifaire de la CCJA. Autant de chantiers destinés à renforcer la sécurité juridique et l’intégration économique des 17 États membres.
Le regard de Com d’Afrik
Cette candidature traduit une ambition claire de Libreville : peser davantage dans les instances régionales. Dans un contexte où le droit des affaires devient un levier d’attractivité et d’intégration, siéger à la CCJA ne relève pas seulement du prestige : il s’agit d’influencer directement l’harmonisation des règles économiques qui structurent l’espace OHADA.
L’absence du ministre de la Justice, Dr Séraphin Akure Davain, n’amoindrit pas la portée politique de cette démarche. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large du président Brice Clotaire Oligui Nguema visant à projeter le Gabon comme un acteur crédible et incontournable sur la scène sous-régionale. Reste à savoir si le pays saura convertir cette ambition en victoire diplomatique et juridique à N’Djamena.