Selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les avoirs extérieurs nets (A.E.N.) du système bancaire gabonais ont enregistré une baisse de 42,9 % en 2024, passant de 213,3 milliards de FCFA en décembre 2023 à 121,9 milliards de FCFA un an plus tard.
Cette chute est principalement attribuée à l’effondrement des A.E.N. de la banque centrale, passés de 35,8 milliards à -280,8 milliards de FCFA, alors même que les banques commerciales ont vu leurs A.E.N. progresser de 126,8 % pour atteindre 402,7 milliards de FCFA.
Dans ce contexte, le solde du compte d’opérations a lui aussi reculé de 63,4 %, s’établissant à 202,4 milliards de FCFA en 2024, contre 552,3 milliards un an plus tôt.
Conséquence : le taux de couverture des engagements à vue par les avoirs extérieurs a diminué de 1,9 point pour atteindre 71,2 % à fin décembre 2024.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette forte contraction des avoirs extérieurs nets révèle une fragilité croissante de la position financière extérieure du Gabon. Si les banques commerciales affichent une amélioration notable, le recul drastique des réserves de la banque centrale soulève plusieurs interrogations :
- Quelle est la capacité réelle du pays à faire face à ses engagements extérieurs à court terme ?
- Dans quelle mesure cette situation reflète-t-elle une pression accrue sur les réserves de change liées aux importations ou au service de la dette ?
- Comment interpréter ce déséquilibre entre banques commerciales et banque centrale, alors que la stabilité monétaire reste un pilier essentiel pour la confiance des investisseurs et des partenaires économiques ?
Au-delà des chiffres, ce constat met en lumière la nécessité pour le Gabon de renforcer sa discipline budgétaire, de diversifier davantage ses recettes extérieures et de réduire sa dépendance vis-à-vis des fluctuations internationales.
La solidité du système bancaire, en particulier sa capacité à absorber des chocs externes, sera déterminante pour la stabilité économique du pays dans les années à venir.