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Gabon : Eddy Minang confiant sur le retour de Sylvia et Noureddine Bongo après leur jugement

À quelques jours de l’ouverture de la session criminelle spécialisée dans la délinquance économique et financière, le Procureur général près la Cour d’appel de Libreville, Dr Eddy Minang, a réaffirmé devant la presse que Sylvia Aimée Marie-Valentin Bongo, son fils Noureddine Bongo Valentin et leurs dix co-accusés pourraient être arrêtés, y compris à l’étranger, dès une condamnation prononcée par contumace.

« Il y a une différence entre extrader une personne pour être jugée et faire exécuter un mandat d’arrêt », a précisé le magistrat, rappelant l’arsenal juridique gabonais et international : convention d’entraide judiciaire avec la France, appartenance commune à Interpol, et force exécutoire automatique des décisions gabonaises sur le territoire français.

Le Procureur général a insisté :

« Un mandat d’arrêt décerné légalement au Gabon possède la même valeur qu’un mandat français sur le territoire français. »

Le dossier, programmé pour le 10 novembre 2025, concerne des faits présumés de détournement de deniers publics, blanchiment et association de malfaiteurs. Malgré leur absence physique, le procès pourra se tenir par contumace, et la peine prononcée sera exécutoire.

Ce scénario illustre le message fort que souhaite envoyer le Gabon : aucun sanctuaire, même à l’étranger, ne protège les anciens dirigeants, et la justice gabonaise entend faire respecter ses décisions, quelles que soient les protections internationales.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

L’intervention d’Eddy Minang montre une stratégie judiciaire claire et déterminée : utiliser les instruments internationaux existants pour assurer que les anciens dirigeants puissent répondre de leurs actes. Sur le plan juridique, le Gabon se positionne comme un pays capable de faire appliquer ses décisions à l’étranger, un signal fort pour la crédibilité et la souveraineté de son système judiciaire.

Mais derrière cette dimension technique, se joue aussi un enjeu politique et symbolique. Deux ans après la chute d’Ali Bongo Ondimba, cette affaire illustre la volonté du pays de rompre avec l’impunité et de montrer que la justice s’applique à tous, indépendamment du statut ou de l’influence passée.

Le véritable défi réside désormais dans la coopération internationale, notamment avec la France, traditionnellement prudente sur les dossiers africains sensibles. L’issue de ce procès et la mise en œuvre effective des mandats d’arrêt constitueront un précédent pour la justice gabonaise et la gouvernance régionale.

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