réaménagement au sommet en vue, le Palais du Bord de Mer en ébullition
Le ton s’annonce ferme et les attentes élevées. Le président de la république, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a présidé ce jeudi un Conseil des ministres crucial au Palais du Bord de Mer.
À l’ordre du jour : redonner de la vigueur à l’action gouvernementale, accélérer les réformes économiques et sociales, et, selon plusieurs sources, activer un possible remaniement au sein de l’administration centrale.
Dans un contexte marqué par les attentes sociales et les pressions économiques, le chef de l’État veut remettre de l’ordre dans les rangs. « Le président veut des résultats rapides et tangibles », confie une source proche du Palais. « Il estime que certaines structures traînent encore à mettre en œuvre les décisions prises depuis plusieurs mois. »
Depuis plusieurs semaines, les signaux d’impatience se multiplient. Brice Oligui Nguema, à la tête du pays depuis le renversement d’Ali Bongo en août 2023, a fait de l’efficacité et de la transparence les piliers de sa gouvernance. Mais derrière les discours, les réformes tardent à produire des effets visibles sur le quotidien des Gabonais.
Le président ne cache plus son agacement face à la lenteur bureaucratique et au manque de coordination entre ministères. À plusieurs reprises, il a rappelé à ses collaborateurs « la nécessité de servir, et non de se servir », une phrase devenue leitmotiv de sa communication publique.
Selon des indiscrétions recueillies dans la capitale, la grande messe de ce jeudi pourrait être celle de tous les recadrages. Certains ministres seraient déjà sur la sellette pour inaction ou manque d’initiative.
Des observateurs parlent même d’un « Conseil des ministres de vérité », au cours duquel le président pourrait annoncer des sanctions ou des changements de postes.
Les rumeurs enflent à Libreville. Certains évoquent un «tsunami administratif », d’autres un simple ajustement stratégique. Plusieurs portefeuilles clés; notamment ceux liés à l’économie, aux infrastructures et à la fonction publique; sont au cœur des spéculations.
Pour le politologue gabonais Martin Allogho, « Brice Oligui Nguema veut passer à une nouvelle étape de sa Transition, celle des résultats concrets. Ce Conseil pourrait marquer un tournant dans sa méthode de gouvernance : rigueur militaire et exigence de performance. »
Un an après la prise du pouvoir par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), la marge de manœuvre du président se rétrécit. Les attentes sociales demeurent fortes : amélioration du pouvoir d’achat, lutte contre la vie chère, transparence dans la gestion publique. Le pays attend désormais des actes, pas seulement des annonces.
Le communiqué final, attendu dans la soirée, sera scruté de près par les observateurs nationaux et internationaux, ainsi que par les partenaires du Gabon, notamment la CEEAC et l’Union africaine.
Ce Conseil des ministres pourrait bien redéfinir le tempo de la Transition. Brice Oligui Nguema semble décidé à conjuguer discipline militaire, efficacité administrative et exigence de résultats. Une équation délicate, mais cruciale pour maintenir la confiance des Gabonais et asseoir son autorité sur un appareil d’État encore en reconstruction.