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Gabon : Ceca-Gadis mise sur un nouveau modèle de partenariat pour maintenir son réseau commercial

Face aux difficultés économiques qui menacent sa pérennité, Ceca-Gadis — acteur historique de la distribution au Gabon — repense sa stratégie pour éviter l’effondrement de son réseau. Après avoir annoncé la fermeture potentielle de plusieurs dizaines de magasins dans sept provinces, l’entreprise opte désormais pour une transformation profonde de son mode de gestion.

Pour assurer sa continuité, le groupe introduit un nouveau dispositif baptisé « Propriétaire Partenaire Affilié », conçu pour confier la direction de certains magasins (Gabo, Cecado, etc.) à des entrepreneurs gabonais. Ce système repose sur une logique collaborative où les opérateurs privés prennent les commandes des points de vente tout en s’appuyant sur l’expertise et l’infrastructure du groupe.

Il ne s’agit pas d’un retrait total, mais plutôt d’un modèle de co-construction : les nouveaux gérants deviennent des chefs d’entreprise autonomes tout en accédant à la centrale d’achat, à la chaîne logistique, au branding et à l’accompagnement de Ceca-Gadis.

Un mécanisme pensé pour maintenir l’offre et soutenir les ménages

Selon la direction, cette orientation poursuit deux objectifs essentiels :

  • Préserver la présence des commerces de proximité, cruciaux pour l’alimentation quotidienne des populations urbaines comme rurales.
  • Revitaliser les magasins grâce à l’implication d’acteurs locaux, dans l’espoir d’améliorer la compétitivité des prix et de contribuer à la lutte contre la vie chère.

En adoptant ce modèle, Ceca-Gadis aspire à dépasser son rôle traditionnel de distributeur pour devenir un véritable moteur d’initiative privée, encourageant l’émergence d’entrepreneurs gabonais et transformant ses contraintes économiques en opportunités de création de valeur.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Ce changement stratégique marque un tournant dans le paysage de la distribution au Gabon. D’un point de vue journalistique, plusieurs éléments méritent attention.

D’abord, ce repositionnement révèle la fragilité structurelle d’un secteur confronté à la baisse du pouvoir d’achat, à la concurrence accrue et à l’augmentation des coûts logistiques. Pour Ceca-Gadis, ouvrir la gestion de ses magasins à des privés peut être perçu comme un moyen de partager les risques tout en dynamisant un réseau menacé.

Cependant, cette transition soulève aussi des questions cruciales :

  • Les « partenaires affiliés » disposeront-ils réellement des moyens financiers, humains et logistiques nécessaires pour maintenir la qualité de service ?
  • Ce modèle permettra-t-il réellement de baisser les prix, ou risque-t-il de transférer la pression économique sur les nouveaux gérants ?
  • Quel contrôle Ceca-Gadis exercera-t-elle pour garantir l’uniformité de l’expérience client dans tout le pays ?

Si ce dispositif est bien encadré et accompagné, il pourrait devenir un levier puissant pour stimuler l’entrepreneuriat et sécuriser l’approvisionnement des ménages. Dans le cas contraire, il pourrait accentuer les disparités entre magasins et fragiliser encore davantage le secteur.

Ce tournant stratégique sera donc à surveiller de près, tant pour son impact économique que social.

 

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