Le climat politique gabonais s’échauffe à nouveau.
Alors que les résultats des élections législatives et locales du 27 septembre continuent de susciter des controverses, Alain-Claude Bilie-By-Nzé, président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), a exprimé sa profonde désillusion face à ce qu’il qualifie de “retour aux vieilles pratiques électorales”.
Dans une publication sur X (ex-Twitter), l’ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle d’avril 2025 n’a pas mâché ses mots :
« Le 30 août n’a pas été qu’un coup d’État. C’était un engagement à ne plus jamais avoir d’élections aux résultats tronqués. Le 27 septembre prouve que rien n’a changé, c’est même pire. »
Ses propos ont ravivé le débat sur la sincérité du double scrutin, perçu par plusieurs formations politiques comme un recul démocratique.
Du Parti démocratique gabonais (PDG) à l’Alliance patriotique de Raymond Ndong Sima, en passant par le Front démocratique socialiste (FDS), les accusations se multiplient : fraudes massives, bourrages d’urnes, irrégularités dans les procès-verbaux et procurations falsifiées.
Certains candidats de la majorité eux-mêmes, comme Mélodie Sambat à Makokou ou Georges Chris Tigalekou dans la Lékabi Lewolo, ont publiquement exprimé leurs doutes sur la transparence du processus.
Alors que la reprise partielle du scrutin est annoncée pour le 18 octobre dans quatre circonscriptions, les appels à une refonte globale du système électoral se multiplient.
Pour Bilie-By-Nzé, il y a urgence :
« La profondeur du malaise électoral menace la confiance dans la Vᵉ République. Il est encore temps de corriger avant qu’il ne soit trop tard. »
👁️ Le regard de Com d’Afrik
Au-delà de la polémique, cette séquence électorale met en lumière les fragilités institutionnelles du Gabon post-30 août 2023.
La transition, censée restaurer la confiance citoyenne et refonder le contrat politique, semble aujourd’hui confrontée à une crise de crédibilité démocratique.
Pour Com d’Afrik, la sortie de transition devait être une vitrine de transparence et de renouveau.
Or, la multiplication des contestations et les accusations croisées démontrent que la rupture promise peine à se concrétiser.
Si les autorités veulent éviter un nouveau cycle de défiance politique, elles devront faire preuve de courage institutionnel : garantir la neutralité électorale, renforcer la transparence des résultats et associer toutes les forces politiques à la réforme du processus.
Le Gabon joue ici bien plus qu’une simple bataille électorale : c’est sa crédibilité démocratique et la confiance du peuple dans ses institutions qui sont en jeu.