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Gabon : Bilie-By-Nze dénonce les dérives du scrutin et l’usage abusif du vote par procuration

Lors d’une conférence de presse tenue le 30 septembre, Alain-Claude Bilie-By-Nze est revenu sur les élections législatives et locales du 27 septembre, critiquant vivement l’organisation du scrutin qu’il juge entaché d’irrégularités. Selon l’ancien Premier ministre, les conditions n’étaient pas réunies pour garantir la crédibilité et la légitimité du processus électoral.

« J’ai conseillé au chef de l’État de reporter le scrutin afin d’assurer une élection crédible et représentative. Malheureusement, cette suggestion a été refusée », a-t-il déclaré. Pour Bilie-By-Nze, le parlement issu de ce scrutin souffre d’un double déficit de légitimité : d’une part du fait de la nouvelle Constitution, et d’autre part en raison de la forte utilisation du vote par procuration, qu’il considère désormais excessive.

Un mécanisme électoral contesté

L’ancien chef du gouvernement a dénoncé ce dispositif : « Dans certaines circonscriptions, un candidat peut avoir plus de la moitié des voix issues de procurations. Est-ce acceptable ? » Pour lui, le vote par procuration devrait être limité ou supprimé, rappelant que l’essentiel est que le suffrage soit exprimé directement par les électeurs.

Bilie-By-Nze met également en garde contre les risques démocratiques d’un tel système : si des pratiques similaires se répètent, cela pourrait entamer durablement la confiance des citoyens envers leurs institutions, alors que le Gabon traverse une phase cruciale de consolidation démocratique.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

L’analyse de Bilie-By-Nze met en lumière un enjeu central pour la démocratie gabonaise : la crédibilité des scrutins et la confiance des citoyens dans leurs institutions. Le recours massif au vote par procuration, lorsqu’il n’est pas encadré de manière stricte, risque de créer une perception d’injustice et d’élections manipulées, fragilisant la légitimité du parlement.

Ce débat soulève plusieurs points clés :

  • La représentativité réelle des élus et leur capacité à incarner la volonté populaire.
  • La nécessité d’un cadre électoral transparent, où le suffrage direct prime.
  • L’importance d’instaurer un climat de confiance, condition indispensable pour une démocratie durable et crédible.

Pour Com d’Afrik, l’alerte de Bilie-By-Nze doit servir de signal d’alarme : la démocratie ne se renforce pas seulement par la tenue d’élections, mais par leur transparence, leur impartialité et leur acceptation par le peuple. Ignorer ces signaux risque d’installer un fossé durable entre les citoyens et leurs représentants.

 

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