Les 25 et 26 août 2025, Libreville a accueilli le Forum national de concertation sur l’interdiction des importations de poulets et le renforcement de la filière avicole.
Un enjeu central est ressorti des discussions : l’accès à la terre agricole, condition essentielle pour développer la production locale.
Actuellement, le Gabon dispose de 324 860 hectares affectés à l’activité agricole. Mais pour répondre aux besoins de la filière avicole, il faudrait 71 000 hectares supplémentaires.
La mise à disposition de ces terres repose sur plusieurs leviers : ordonnances présidentielles, décisions de la Commission nationale d’affectation des terres (CNAT), et interventions de l’Agence de développement agricole du Gabon (ADAG). Ces procédures sont encadrées par les arrêtés du 2 février 2021, qui priorisent les exploitants individuels, les coopératives, les PME agricoles et les agro-industries.
Pourtant, des obstacles persistent : absence d’une cartographie foncière complète et à jour, déficit de données hydrogéologiques et météorologiques, et difficultés de planification transparente et durable.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
La filière avicole est au cœur d’un enjeu stratégique de souveraineté alimentaire. L’interdiction des importations de poulet ne pourra produire des effets positifs que si elle est accompagnée d’une politique foncière efficace et transparente.
Sans terres disponibles et bien gérées, la production locale restera insuffisante pour couvrir la demande nationale. Le défi est donc double :
1️⃣ Aménager et sécuriser l’accès au foncier, en réduisant les lourdeurs administratives.
2️⃣ Moderniser la gestion agricole, grâce à des données fiables sur les sols, l’eau et le climat.
À terme, c’est toute l’économie rurale qui pourrait être dynamisée, avec un impact direct sur l’emploi, la réduction des importations et la stabilisation des prix alimentaires. Mais le temps presse : chaque retard dans la mise à disposition des terres retarde l’autonomie alimentaire du Gabon.