Gabon : 2ᵉ jour du procès par contumace de Sylvia et Noureddine Bongo Valentin
Com dAfrik / 4 minutes
12 novembre 2025
0
Ce 11 novembre 2025, le Palais de justice de Libreville a accueilli la deuxième journée du procès par contumace de Sylvia Bongo Ondimba Valentin et de son fils Noureddine Bongo Valentin, accusés de détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux, faux en écriture et association de malfaiteurs.
Deux témoins clés ont été entendus :
Kim Oun, ancien chargé du protocole de Sylvia Bongo, a révélé la gestion de sociétés écrans, des fonds mensuels faramineux pour l’ex-Première dame (400 à 500 millions FCFA) et des dépenses annuelles atteignant 2 milliards FCFA pour bijoux, vêtements et accessoires. Il a également évoqué la possession de deux avions utilisés par la famille et plusieurs propriétés à l’étranger.
Jordan Camuset, ami d’enfance de Noureddine Bongo, a témoigné sur le retrait régulier de devises auprès du Trésor public pour financer les voyages du fils de l’ex-président. Il a détaillé le contrôle direct exercé par Noureddine sur l’administration, ses acquisitions immobilières, ainsi que la cession controversée d’un terrain de plus d’un million de m² à Nkok, évalué à 60 milliards FCFA.
Les avocats de la société civile ont rappelé l’ampleur du patrimoine présumé du clan Bongo : 45 entreprises, 1 035 milliards FCFA sur un compte aux îles Caïmans, 33 titres fonciers, 25 sociétés civiles immobilières, ainsi que des participations dans le pétrole, l’eau minérale et le BTP. Ces révélations ont été perçues par le public comme un signal fort pour l’indépendance de la justice gabonaise.
Pour Com d’Afrik, cette deuxième journée illustre un système parallèle où pouvoir politique et richesse privée se confondent. Les témoignages de Kim Oun et Jordan Camuset démontrent la centralisation du pouvoir et des finances autour de Noureddine et Sylvia Bongo, avec des pratiques opaques qui ont permis l’accumulation de biens colossaux à l’étranger.
Ce procès est symbolique pour le Gabon : il met en lumière la nécessité d’une justice indépendante, capable de traiter les dossiers sensibles sans pression politique. La transparence et la restitution des biens publics seront essentielles pour restaurer la confiance des citoyens et envoyer un message clair contre l’impunité des élites.