Fonction publique gabonaise : le vrai problème n’est pas le nombre, mais la gestion
Com dAfrik / 3 jours
31 octobre 2025
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Depuis plusieurs années, un message revient régulièrement : « La Fonction publique est saturée ».
Un argument souvent avancé pour justifier le gel des recrutements, la stagnation des promotions et la précarité des contractuels.
Pourtant, les faits racontent une toute autre histoire. Au ministère de l’Éducation nationale, plus de 750 “agents fictifs” ont été identifiés : inscrits sur les fiches de paie, mais absents de leurs postes.
Parallèlement, moins d’une centaine d’inspecteurs du Travail doivent superviser l’ensemble du secteur économique, rendant difficile l’application effective des lois du travail.
Dans de nombreux domaines essentiels — enseignement, santé, services techniques — les départs à la retraite non remplacés entraînent des classes surchargées, des hôpitaux sous-dotés et des infrastructures dégradées.
La vérité est donc limpide : la Fonction publique gabonaise n’est pas saturée, elle est mal structurée, mal planifiée et insuffisamment contrôlée. Le discours sur la saturation masque surtout l’absence de réformes de fond : audit des effectifs, suppression des postes fictifs, redéploiement vers les secteurs prioritaires et modernisation de la gestion des ressources humaines.
Plutôt que de limiter l’accès aux jeunes qualifiés, l’État gagnerait à assainir et réorganiser ses effectifs, afin de recruter là où les besoins sont réels. Une administration efficace ne se mesure pas à son nombre de fonctionnaires, mais à sa capacité à servir le citoyen avec transparence et performance.
Ce discours sur la “saturation” révèle surtout un manque de vision stratégique dans la gestion publique.
En tant que journaliste, on constate que le problème n’est pas l’excès d’effectifs, mais le déséquilibre et le gaspillage : postes fictifs, chevauchements de fonctions, absence de suivi des performances.
Le véritable enjeu pour le Gabon est de passer d’une logique quantitative à une approche qualitative et fonctionnelle : optimiser les effectifs existants, renforcer les contrôles, investir dans la formation et orienter les recrutements vers les secteurs vitaux pour le développement du pays.
Sans ces réformes, le discours sur la “saturation” reste un écran de fumée, et le citoyen continue de subir les conséquences d’une administration inefficace. Une gestion rigoureuse et transparente serait le véritable gage d’une fonction publique performante et crédible.