Finances publiques : un budget 2026 ambitieux pour un Gabon en quête de transformation
Com dAfrik / 2 semaines
20 octobre 2025
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Ce vendredi 17 octobre 2025, Henri-Claude Oyima, Ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances, de la Dette, des Participations et de la Lutte contre la vie chère, a présenté devant les députés de la Transition le Projet de Loi de Finances Initial (PLFI) 2026, dont le montant global dépasse 7 000 milliards de FCFA — un niveau sans précédent dans l’histoire budgétaire du pays.
Ce budget, placé sous le signe de la rigueur et de la relance, vise à impulser une nouvelle dynamique de croissance durable et à renforcer la discipline budgétaire au sein de l’administration publique.
Selon les précisions du ministre, 4 033,3 milliards de FCFA seront alloués au fonctionnement, tandis que 3 200 milliards de FCFA iront à l’investissement, une répartition jugée inédite et stratégique.
Sur le plan sectoriel, les prévisions annoncent une légère contraction de la production pétrolière (-3 %), compensée par une hausse attendue du prix du baril, estimé à 65,1 USD.
Le secteur minier devrait ralentir légèrement (-3,3 %), tandis que la filière forestière amorce un redressement (+3,2 %), reflet d’une reprise industrielle.
Le ministre a souligné que les dépenses de fonctionnement seraient exclusivement financées par des ressources propres, alors que l’endettement sera réservé aux investissements productifs, marquant ainsi une volonté de maîtriser la dette et d’assurer la traçabilité des fonds publics.
Enfin, Henri-Claude Oyima s’est engagé à un suivi trimestriel de l’exécution budgétaire, promettant de rendre compte de l’état d’avancement des projets, des recettes mobilisées et de leur impact sur le coût de la vie :
« Aucun projet ne démarrera sans financement sécurisé. Les résultats parleront d’eux-mêmes », a-t-il affirmé.
Pour Com d’Afrik, ce budget 2026 symbolise une volonté de rupture, celle d’un État cherchant à concilier transparence, performance et responsabilité publique.
L’effort d’investissement annoncé est une opportunité majeure pour accélérer la diversification de l’économie gabonaise, encore largement tributaire des revenus pétroliers.
Cependant, cette ambition soulève une question essentielle : le pays dispose-t-il de la capacité institutionnelle et logistique pour absorber efficacement ces investissements ?
Car un budget record ne garantit pas un impact réel sur le terrain sans une exécution rigoureuse, des contrôles renforcés et une lutte ferme contre les lenteurs administratives.
L’enjeu pour le gouvernement est donc double : redonner confiance aux citoyens à travers une gestion transparente et rassurer les partenaires économiques sur la viabilité de ses choix budgétaires.
À travers ce PLFI, le Gabon tente d’ouvrir une nouvelle page de sa gouvernance économique : celle d’une économie planifiée, encadrée et orientée vers les résultats.
Mais la réussite dépendra avant tout de la volonté politique à maintenir la discipline budgétaire dans la durée, bien au-delà des effets d’annonce.