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Fin de la subvention des produits pétroliers : le regard critique de Willy Ontsia (Interview)

Le 5 septembre 2025, le ministère du Pétrole a officialisé la levée des subventions sur les produits pétroliers à partir de janvier 2026.
Une décision qualifiée d’« impopulaire », mais qui, selon l’économiste et analyste financier Willy Giscard Ontsia, répond à une logique budgétaire et structurelle.

👉 Pour rappel, la subvention aux carburants coûtait à l’État entre 51 et 105 milliards FCFA par an, soit près de 0,7 % du PIB.
Une charge financière jugée inefficace, car elle bénéficiait davantage aux ménages les plus aisés qu’aux plus vulnérables, d’après la Banque mondiale.

Selon Willy Ontsia, la fin de cette subvention permettra à l’État gabonais de dégager un espace budgétaire pour réallouer les ressources vers des secteurs clés comme l’éducation, la santé et les infrastructures.
Cependant, il prévient : cette réforme entraînera inévitablement une hausse des prix du carburant de 15 à 30%, avec un impact direct sur le coût de la vie et le pouvoir d’achat.

Il recommande au gouvernement de :
✔️ Mettre en place des aides ciblées pour les ménages vulnérables.
✔️ Investir dans les énergies propres et l’efficacité énergétique.
✔️ Suivre de près les indicateurs macro-économiques pour ajuster la politique économique.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Cette mesure, bien qu’économiquement rationnelle, soulève plusieurs interrogations. Le Gabon entre dans une zone de turbulence sociale et économique où la question centrale sera celle de la justice sociale. Si l’État réalise des gains financiers, le risque est de voir les ménages fragiles en payer le prix fort.

Le véritable défi réside donc dans la capacité de l’exécutif à équilibrer rigueur budgétaire et équité sociale.
Car derrière les chiffres, ce sont des familles, des travailleurs et des petites entreprises qui devront absorber ce choc inflationniste. Le succès de cette réforme dépendra moins de son application technique que de la confiance que le gouvernement saura instaurer auprès de la population.

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