La localité de Farabougou, située au centre du Mali près de la frontière mauritanienne, a de nouveau été attaquée la semaine dernière par le JNIM (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans).
Le 19 août, aux premières heures de la matinée, des tirs ont retenti près du camp des Forces armées maliennes (FAMa), avant que des dizaines de motos et de pick-up ne viennent encercler les positions militaires.
Farabougou, déjà meurtrie par de multiples violences, vit désormais sous la férule jihadiste. Son emplacement stratégique en fait une zone hautement disputée, mais aussi le reflet des limites de la pacification dans le centre du Mali.
🔍 Le regard de Com d’Afrik
Farabougou n’est pas seulement un village martyr, c’est aussi un test grandeur nature de la gouvernance sécuritaire d’Assimi Goïta. Malgré les discours de fermeté et les opérations militaires, la persistance des attaques jihadistes révèle une fragilité structurelle de l’État malien dans cette région.
Plus qu’un enjeu militaire, c’est une bataille politique et symbolique qui se joue : chaque recul de l’armée dans des localités stratégiques renforce l’emprise des groupes armés et alimente le doute quant à la capacité de Bamako à protéger ses populations.
Farabougou illustre donc l’un des paradoxes du Mali actuel : un pouvoir central affichant sa volonté de souveraineté, mais confronté à une réalité où des pans entiers du territoire échappent encore à son contrôle.