Com d'Afrik

ÉTHIOPIE / ÉRYTHRÉE : Une paix fragilisée par des tensions croissantes

Les relations entre Addis-Abeba et Asmara traversent une nouvelle zone de turbulence.
Dans une correspondance adressée à l’ONU le 2 octobre, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed accuse l’Érythrée de soutenir et de financer des groupes armés actifs dans la région d’Amhara. Selon le chef de la diplomatie éthiopienne, Asmara irait jusqu’à payer et coordonner les milices Fano, soupçonnées d’alimenter l’instabilité au nord du pays.

De son côté, l’Érythrée rejette vigoureusement ces accusations, dénonçant une « campagne de désinformation » et accusant l’Éthiopie de nourrir des ambitions expansionnistes en direction de la mer Rouge.
Ces échanges acrimonieux viennent écorner l’accord de paix de 2018, qui avait symbolisé la réconciliation historique entre les deux nations après des décennies d’hostilités.

Des experts, comme Mehdi Labzaé du CNRS, estiment que le ton d’Abiy Ahmed devient de plus en plus militariste, alimentant les inquiétudes régionales quant à un possible regain de tensions.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

La montée des tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée révèle les fragilités persistantes d’une paix souvent perçue comme symbolique plutôt que structurelle.
Derrière les accusations diplomatiques se cache une lutte d’influence stratégique, où le contrôle des routes vers la mer Rouge et la stabilité interne éthiopienne deviennent des enjeux majeurs.

Pour Com d’Afrik, cette crispation illustre un phénomène plus large : le retour des rivalités géopolitiques dans la Corne de l’Afrique, dans un contexte de recomposition des alliances régionales et internationales.
Alors que la population aspire à la paix et au développement, la rhétorique militariste des dirigeants risque de ranimer les blessures du passé et de compromettre des années d’efforts diplomatiques.

 

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