Après vingt-cinq ans d’existence, l’African Growth and Opportunity Act (Agoa), accord commercial phare entre les États-Unis et l’Afrique, prend fin ce 30 septembre 2025. Faute de consensus au Congrès américain, ce cadre de libre-échange qui permettait à une trentaine de pays africains d’exporter plus de 6 000 produits sans droits de douane vers le marché américain disparaît.
Créé en 2000, l’Agoa avait contribué à l’émergence de véritables pôles industriels sur le continent, notamment au Kenya, en Éthiopie et au Lesotho, où le secteur textile a généré des milliers d’emplois. Mais il a aussi montré ses limites : en renforçant parfois la dépendance aux matières premières, il n’a pas toujours favorisé la transformation locale des économies africaines.
La fin de cet accord reflète un désengagement croissant de Washington vis-à-vis de l’Afrique subsaharienne. Ses conséquences risquent d’être lourdes : fermetures d’usines, pertes d’emplois, ralentissement de l’industrialisation et retour en arrière pour des économies déjà fragiles.
Désormais, l’Afrique doit trouver des alternatives. Si la Chine, l’Union européenne, l’Inde ou les BRICS représentent des partenaires potentiels, c’est surtout la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) qui offre une opportunité décisive : celle de bâtir une intégration économique intra-africaine et de réduire la dépendance aux puissances extérieures.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
La fin de l’Agoa est un tournant symbolique. Elle révèle non seulement le désintérêt croissant des États-Unis pour l’Afrique, mais aussi la fragilité des stratégies africaines, trop souvent dépendantes de régimes préférentiels. Ce vide crée une urgence : soit le continent s’organise pour amortir le choc, soit il risque de perdre une décennie d’efforts d’industrialisation.
Cette rupture doit être perçue comme une occasion historique. L’Afrique a désormais l’opportunité de miser sur la Zlecaf pour bâtir ses propres chaînes de valeur, développer une industrie compétitive et renforcer sa souveraineté économique. En somme, il s’agit moins d’un “coup dur” que d’un test de maturité : celui de prendre en main son destin économique, sans attendre les choix stratégiques des puissances étrangères.