Alors que les Gabonais espéraient enfin tourner la page des fraudes électorales, une vieille pratique refait surface : le transport massif d’électeurs. Un phénomène qui, selon Raymond Ndong Sima, ancien Premier ministre de la Transition et président de l’Alliance patriotique, ramène le pays « à la case départ ».
Depuis l’ouverture du double scrutin législatif et local, les témoignages se multiplient : bus entiers d’électeurs convoyés vers des circonscriptions où ils n’ont ni attaches, ni intérêts économiques ou sociaux. Cette mécanique, déjà connue par le passé, dénature le principe du suffrage universel et vide de sens la représentativité des élus.
À cela s’ajoutent une gestion opaque des procurations et la persistance de noms de personnes décédées sur les listes électorales, renforçant le sentiment d’un processus biaisé. Une « victoire » issue d’un tel système n’est qu’un mirage, susceptible d’engendrer frustrations et contestations au lieu d’apaiser le climat politique.
🎯 Le regard de Com d’Afrik
En tant que média engagé dans l’analyse des dynamiques démocratiques africaines, nous voyons dans cette situation une véritable fracture entre les aspirations citoyennes et les pratiques politiques. Le transport d’électeurs n’est pas seulement une fraude technique : il est un déni de la souveraineté populaire et un obstacle majeur à la construction d’institutions crédibles.
Ce phénomène révèle aussi la difficulté à rompre avec les logiques anciennes, malgré les promesses de changement. Loin de renforcer la confiance, il alimente le scepticisme et la désillusion, fragilisant davantage la relation entre citoyens et institutions. Pour qu’une démocratie vive et prospère, il est impératif que les règles du jeu électoral soient respectées et perçues comme justes par tous.