La sortie du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, dénonçant samedi 23 août des « informations troublantes » concernant les listes de candidatures pour les législatives et locales du 27 septembre, a déclenché une onde de choc politique.
Parmi les voix les plus virulentes, celle d’Alain Claude Bilie-By-Nze, président d’Ensemble pour le Gabon (EPG) et finaliste malheureux de la présidentielle d’avril dernier.
📌 Quand Oligui dénonce des « incongruités »
Dans un post publié sur Facebook et X, le chef de l’État a qualifié d’« incongruités inacceptables » certaines irrégularités présumées dans la composition des listes. Il a appelé le ministère de l’Intérieur à agir avec « rigueur et impartialité », réaffirmant la volonté de transparence via un dépouillement bureau par bureau en présence des médias.
⚖️ Bilie-By-Nze recadre : « Le président est chef du gouvernement »
Pour Bilie-By-Nze, cette posture relève de la contradiction institutionnelle.
« Parler ‘des informations troublantes qui (…) parviennent’ est un non-sens. Le PR n’est plus détaché de l’action gouvernementale, dont il est le chef », a-t-il rétorqué.
Et d’ajouter, acide :
« Lire la Constitution avant promulgation eût été utile. Quelqu’un pourrait-il rappeler au Président que la Loi fondamentale adoptée en novembre 2024 fait de lui le chef du gouvernement, et que le ministre de l’Intérieur agit sous son autorité directe ? »
📣 Des citoyens entre scepticisme et colère
Sur les réseaux sociaux, la polémique enfle.
- « Législatives made in Oligui Nguema : on valide qui on veut, on rejette sans explication, et on appelle ça démocratie », dénonce une internaute.
- D’autres rappellent que, théoriquement, les législatives obéissent à des règles constitutionnelles prédéfinies et ne devraient pas dépendre d’une intervention présidentielle.
🔎 Une fissure entre image et réalité
Cette passe d’armes révèle une contradiction grandissante :
- D’un côté, Oligui Nguema tente d’incarner le garant de la transparence électorale.
- De l’autre, sa position institutionnelle le rend responsable en dernière instance des irrégularités qu’il dénonce.
À un mois des scrutins, cette polémique illustre un climat politique tendu et méfiant, où les promesses de transparence devront s’accompagner d’actes concrets pour restaurer la confiance.