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Économie extérieure et projets financés : le Gabon engage une série de réformes pour consolider sa stabilité

Lors du Conseil des ministres du 4 décembre 2025, le gouvernement gabonais a passé en revue deux dossiers essentiels à la résilience économique du pays :
1️⃣ la détérioration progressive de la position extérieure,
2️⃣ et les difficultés récurrentes dans la mise en œuvre des projets soutenus par les bailleurs internationaux.

Selon les analyses présentées, la balance extérieure du Gabon s’est dégradée sous l’effet combiné d’une baisse des exportations, de retards importants dans le rapatriement des recettes en devises par certains opérateurs économiques, et d’un niveau d’importations toujours élevé.
Cette fragilité est accentuée par la faible application du règlement CEMAC exigeant le rapatriement obligatoire des recettes d’exportation.

Pour inverser la tendance, les autorités ont annoncé l’élaboration d’un plan d’action conjoint avec la BEAC, destiné à renforcer les réserves en devises dès le premier semestre 2026. Une démarche qui vise à restaurer l’équilibre extérieur et à soutenir la stabilité macroéconomique du pays.

Réorganisation de la gestion des projets financés par les partenaires extérieurs

Le Conseil a également relevé plusieurs faiblesses structurelles qui freinent l’efficacité des projets appuyés par les partenaires techniques et financiers :

  • faible niveau de décaissement,
  • chevauchement des initiatives,
  • mécanismes de pilotage mal structurés,
  • coûts de mise en œuvre trop élevés.

Pour corriger ces dérives, le gouvernement a validé une série de mesures structurantes :

  • Réajustement des projets jugés peu performants ;
  • Création d’un Comité National de Pilotage chargé du suivi stratégique global ;
  • Mise en place d’un Secrétariat Technique unique, garant d’une coordination plus fluide ;
  • Rattachement direct des chefs de projet aux ministères sectoriels, renforçant ainsi la redevabilité et l’alignement avec les priorités nationales.

Ces actions visent à améliorer l’impact des financements extérieurs, optimiser les coûts et assurer une meilleure cohérence avec les objectifs du développement national.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Pour Com d’Afrik, ces décisions marquent un tournant important dans la gouvernance économique du Gabon. La dégradation de la position extérieure n’est pas seulement un indicateur macroéconomique : elle révèle les limites d’un système où la discipline réglementaire reste insuffisante et où la dépendance aux importations persiste malgré les alertes.

L’élaboration d’un plan conjoint avec la BEAC témoigne d’une volonté de rompre avec cette inertie, mais son efficacité dépendra avant tout de la capacité des acteurs économiques à respecter les obligations de rapatriement et de l’État à appliquer les contrôles avec rigueur.

Concernant les projets financés par les partenaires extérieurs, les réformes annoncées répondent à une problématique structurelle de longue date : la dispersion des responsabilités et l’absence de coordination stratégique.
La création d’un dispositif unifié de pilotage constitue une avancée, mais sa réussite reposera sur la capacité des administrations à travailler de manière plus intégrée, transparente et orientée résultats.

Ces mesures, si elles sont pleinement appliquées, pourraient amorcer une transformation durable du modèle de gestion publique, tout en renforçant la crédibilité du pays auprès de ses partenaires internationaux.

 

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