Com d'Afrik

Défense gabonaise : une ambition budgétaire sans précédent pour 2026

Lors de la présentation du Projet de loi de finances 2026 devant l’Assemblée nationale de la Transition, la ministre de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, a défendu une demande de financement record de 320 milliards de FCFA pour les Forces armées gabonaises.

Ce montant marque une hausse spectaculaire de près de 730 % par rapport à l’année précédente (38,2 milliards en 2025).
Un bond inédit, justifié selon la ministre par la nécessité de moderniser les capacités militaires du pays et de répondre à des défis sécuritaires croissants.

Cette enveloppe serait destinée à :

  • Remplacer et moderniser les équipements militaires (armement, véhicules, systèmes de communication) ;

  • Réhabiliter ou reconstruire des casernes vétustes à travers le territoire ;

  • Renforcer la surveillance des frontières et la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles ;

  • Améliorer les conditions de vie et de formation des soldats gabonais, avec un alignement sur les standards régionaux.

Pour Brigitte Onkanowa, il ne s’agit pas d’un simple budget, mais d’un investissement stratégique dans la souveraineté nationale, face à un contexte sous-régional de plus en plus instable marqué par la cybercriminalité, la criminalité transfrontalière et les tensions géopolitiques.

Toutefois, plusieurs parlementaires ont souligné la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente de ces fonds publics, afin d’éviter tout dérapage dans une période où la prudence budgétaire demeure la règle.

📰 Le regard de Com d’Afrik

Pour Com d’Afrik, cette demande budgétaire inédite témoigne d’un changement d’orientation stratégique majeur pour le Gabon.
L’État semble vouloir repositionner ses forces armées comme acteur central de la souveraineté nationale et garant de la stabilité interne, à une époque où les enjeux sécuritaires ne se limitent plus aux frontières physiques.

Cependant, cette hausse vertigineuse des crédits militaires interroge :
le pays, engagé dans une restructuration économique profonde, peut-il absorber un tel investissement sans compromettre d’autres priorités nationales comme la santé, l’éducation ou la relance sociale ?

La question de la redevabilité et de la bonne gouvernance des dépenses publiques demeure cruciale.
La réussite de cette ambition dépendra autant de la vision politique que de la capacité administrative à transformer ces milliards en résultats tangibles sur le terrain : sécurité, efficacité et professionnalisation réelle des forces armées.

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