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Crise énergétique : Aggreko prépare un nouveau leadership gabonais pour accélérer le rétablissement du réseau
Com dAfrik / 27 minutes
18 novembre 2025
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Les perturbations électriques répétées qui touchent le pays depuis plusieurs mois suscitent l’impatience des plus hautes autorités. Les délestages à répétition, devenus un problème quotidien pour les ménages comme pour les entreprises, ont poussé l’exécutif à réagir avec fermeté.
Alors que le groupe turc Karpowership éprouve toujours des difficultés incompréhensibles à connecter son navire-usine « Deniz Sultan » au réseau national géré par la SEEG, l’attention se tourne désormais vers Aggreko, l’un des acteurs historiques de la production énergétique au Gabon.
Le 14 novembre 2025, le président Brice Clotaire Oligui Nguéma a reçu le Directeur général d’Aggreko, à qui il a rappelé l’impératif absolu d’un retour rapide et durable à une fourniture électrique fiable.
Le Chef de l’État a insisté sur la nécessité de moderniser et sécuriser les installations, tout en apportant des solutions concrètes aux populations.
Reconnaissant ses insuffisances, Aggreko a annoncé une mesure forte : la nomination prochaine d’un Directeur général gabonais, chargé de piloter la restructuration opérationnelle de l’entreprise et d’exécuter, sans délai, les orientations fixées par les autorités.
Cependant, cette relance ne sera pas sans négociations. Selon plusieurs sources internes, l’État gabonais resterait redevable de plusieurs milliards de francs CFA envers la filiale britannique — une dette qui pourrait être apurée sous condition d’un retour rapide à un service normal et performant.
D’un point de vue journalistique, cette évolution marque un tournant important dans la gestion du secteur énergétique au Gabon. La décision d’Aggreko de placer un dirigeant gabonais à la tête de sa filiale locale traduit une reconnaissance claire : la compréhension du terrain et la proximité avec les enjeux nationaux deviennent indispensables pour sortir de cette crise.
Cette situation met également en lumière les difficultés structurelles du secteur : dépendance à des opérateurs extérieurs, retards techniques, gouvernance fragmentée et dettes croisées qui ralentissent les solutions. Ce que l’on observe aujourd’hui, c’est une volonté de reprise de contrôle politique et stratégique, mais aussi une pression croissante sur les prestataires pour qu’ils prouvent leur efficacité.
La question centrale demeure : cette reconfiguration suffira-t-elle à stabiliser durablement l’alimentation électrique du pays ? Si les annonces sont fortes, les populations attendent avant tout des résultats visibles. Pour Com d’Afrik, cette affaire rappelle que la souveraineté énergétique ne se décrète pas ; elle se construit par la rigueur, la transparence et la capacité à exiger des comptes à tous les acteurs engagés.