Com d'Afrik

Crise des pharmacies : la CNAMGS sommée de régler 8 milliards de FCFA

Le système de santé gabonais est fragilisé par une dette massive : entre 7 et 8 milliards de FCFA restent impayés par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS) aux pharmacies du pays.

Cette situation met en péril la trésorerie des officines et l’accès aux médicaments essentiels pour les patients. Malgré des promesses répétées de règlement, les retards persistent, provoquant tensions et inquiétudes dans le secteur pharmaceutique.

En janvier 2025, face à l’impasse, les pharmaciens avaient suspendu la délivrance des médicaments aux assurés, déclenchant une alerte nationale. Depuis, la situation reste préoccupante : les professionnels, épuisés, se montrent de plus en plus prudents pour servir les patients couverts par la CNAMGS.

⚠️ Une nouvelle suspension en vue pour 2026 ?

« Tout simplement parce que l’État ne paie pas », déclare Sandrine Itou-Y-Maganga, présidente du Syndicat des pharmaciens du Gabon (Sypharga).

Derrière ce constat se cachent des questions structurelles :

  • un défaut de reversement des cotisations,

  • un déséquilibre chronique du Fonds des Gabonais Économiquement Faibles (GEF),

  • ou un système de remboursement inefficace et vulnérable à la fraude.

Cette impasse pèse sur toute la chaîne d’approvisionnement. Des médicaments vitaux, notamment pour le traitement du cancer, deviennent rares ou indisponibles, et les patients en subissent directement les conséquences : retards dans les soins ou frais supplémentaires.

Les pharmaciens exigent un dialogue urgent avec la CNAMGS et les autorités publiques, avec des solutions concrètes avant la fin de l’année, sous peine d’une nouvelle suspension des prestations dès début 2026.

👁️ Le regard de Com d’Afrik

La situation met en lumière un problème structurel profond dans le système de santé gabonais : la fragilité financière des institutions publiques et la dépendance des patients à des circuits de remboursement inefficaces.

Au-delà du montant de la dette, c’est la pérennité du service public qui est en jeu. Les pharmacies, contraintes et vulnérables, se trouvent au cœur d’un bras de fer financier entre l’État et les assurés.
Pour garantir un accès durable aux soins, la CNAMGS devra non seulement honorer ses engagements financiers, mais aussi réformer ses mécanismes de remboursement et instaurer une transparence totale dans la gestion des fonds.

En somme, la santé des Gabonais ne peut plus attendre : la dette accumulée n’est pas seulement un chiffre, c’est un risque direct pour la vie des patients.

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *