Le climat social au sein de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) connaît une nouvelle escalade. En grève depuis le début du mois d’octobre, plusieurs agents, soutenus par le Syndicat national des travailleurs de l’agriculture (SYNATA), dénoncent la gestion interne et leurs conditions de travail.
Dans ce contexte tendu, la direction générale a décidé de suspendre plusieurs responsables et de rappeler trois fonctionnaires à leur administration d’origine.
Selon plusieurs sources internes, le Directeur général Jean Delors Biyogue Bi Ntougou a pris la décision de suspendre le Directeur sanitaire halieutique et le Directeur de l’inspection et des contrôles sanitaires et phytosanitaires. Ces derniers sont accusés d’avoir participé activement à des manifestations jugées non autorisées au sein de l’agence, en violation — selon la direction — des dispositions internes régissant l’AGASA.
De leur côté, trois agents détachés du ministère de l’Agriculture ont été renvoyés dans leurs structures d’origine, conformément à une note de service en date du 6 octobre 2025.
Des sanctions qui accentuent la fracture interne
La direction justifie ces décisions par la nécessité de maintenir la discipline et l’ordre au sein de l’institution. Une source proche de l’administration affirme que les cadres sanctionnés ont été filmés aux côtés des grévistes, prononçant des propos jugés hostiles à l’endroit du Directeur général. Ces éléments auraient motivé leur suspension immédiate, notifiée le 15 octobre 2025.
Cependant, les représentants syndicaux contestent la légalité de ces mesures. Selon eux, la direction aurait agi sans consultation préalable des instances disciplinaires, comme le prévoient les textes en vigueur. Le SYNATA dénonce une dérive autoritaire et une violation du droit syndical, estimant que ces décisions risquent d’aggraver une crise sociale déjà explosive.
👁️ Le regard de Com d’Afrik
L’affaire AGASA met une nouvelle fois en lumière la fragilité du dialogue social au sein de l’administration publique gabonaise.
Derrière la décision de suspension se joue un conflit plus profond entre l’autorité hiérarchique et les revendications syndicales d’agents en quête de meilleures conditions de travail.
Com d’Afrik observe que cette situation illustre les limites du management administratif face à la contestation syndicale, où la répression prend souvent le pas sur la médiation.
En optant pour des sanctions immédiates, la direction de l’AGASA semble vouloir affirmer son autorité, mais au risque d’envenimer davantage le climat social et de fragiliser la cohésion interne d’une structure stratégique pour la sécurité alimentaire du pays.
Le véritable défi réside désormais dans la capacité des deux parties à renouer un dialogue constructif, afin d’éviter que la crise ne s’étende à d’autres secteurs de la fonction publique.