CÔTE D’IVOIRE : Pression sécuritaire au Nord, un enjeu majeur pour le nouveau mandat Ouattara
Com dAfrik / 13 minutes
6 novembre 2025
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Fraîchement réélu le 27 octobre pour un quatrième mandat, le président Alassane Ouattara doit affronter une situation sécuritaire particulièrement sensible dans le nord du pays, notamment dans la région du Bounkani, frontalière du Burkina Faso.
À Doropo, située à une douzaine de kilomètres de la frontière burkinabè, les habitants vivent au rythme d’une insécurité chronique : orpaillage illégal, attaques armées, vols de bétail et intrusions de combattants venus du pays voisin.
La montée d’éléments djihadistes en provenance du Burkina Faso, combinée aux tensions diplomatiques persistantes avec la junte burkinabè, rend la gestion de cette zone encore plus complexe, malgré un renforcement militaire sur le terrain.
Cette situation constitue un défi central pour le nouveau cycle politique ivoirien, où la préservation de la stabilité nationale devra composer avec un environnement régional fragilisé par l’expansion des groupes armés au Sahel.
La dynamique sécuritaire au nord de la Côte d’Ivoire s’inscrit dans un schéma plus large de contagion régionale des crises sahéliennes.
Alors que le pays a longtemps été perçu comme un pôle de stabilité en Afrique de l’Ouest, les évènements récents montrent que les frontières ne suffisent plus à contenir les flux d’insécurité, notamment liés au terrorisme transfrontalier et à l’orpaillage clandestin, souvent contrôlé par des réseaux criminels opérant au-delà des limites nationales.
Pour le gouvernement ivoirien, il ne s’agit pas seulement de muscler l’arsenal militaire :
la cohésion communautaire, la gestion de l’espace pastoral, l’encadrement des activités minières artisanales et la coopération régionale transparente avec les pays voisins, y compris avec des régimes de transition, seront des leviers tout aussi déterminants.
La capacité d’Abidjan à anticiper, prévenir et dialoguer, en parallèle des opérations sécuritaires, sera l’une des clés pour éviter que le nord du pays ne devienne un nouveau front permanent dans la lutte contre l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest.