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CEMAC : la BEAC enregistre 355 milliards Fcfa de bénéfice net en 2024, une croissance de +14,6 %

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a annoncé un résultat net excédentaire de 354,8 milliards Fcfa pour l’exercice 2024, soit une progression de 14,6 % par rapport à 2023. Cette performance, obtenue malgré un contexte économique mondial marqué par les incertitudes, confirme la résilience de l’institution monétaire sous-régionale.

Le produit net bancaire a atteint 536,9 milliards Fcfa, en hausse de 8,5 %. Cette dynamique repose principalement sur l’augmentation du résultat net d’intérêts (+8 %), évalué à 434,4 milliards Fcfa, portée par les gains liés aux cessions de titres domestiques.

Par ailleurs, le résultat net des commissions s’est légèrement accru de 1,9 %, atteignant 91,8 milliards Fcfa, tandis que les autres activités ont connu une véritable envolée : +319,3 %, passant de 2,6 à 10,8 milliards grâce aux gains de change et au programme RAMP (Reserve Advisory & Management Program).

À noter que les frais généraux n’ont progressé que de 1 %, limitant ainsi l’impact des charges supplémentaires sur les comptes. Ces résultats consolidés renforcent la position de la BEAC comme acteur clé de la stabilité monétaire et financière au sein de la CEMAC, tout en accroissant sa crédibilité sur la scène régionale et internationale.

Le regard de Com d’Afrik

Derrière ces chiffres impressionnants, se cache une double réalité. D’un côté, la BEAC confirme sa solidité et sa capacité à naviguer dans un environnement marqué par l’inflation, la volatilité des prix des matières premières et la pression sur les réserves de change. D’un autre côté, cette performance interroge sur l’impact concret pour les populations et les économies locales de la zone CEMAC.

Car si la rentabilité de la BEAC est une bonne nouvelle pour la stabilité financière, elle ne se traduit pas toujours par un accès plus fluide au crédit, ni par un soutien direct aux PME, moteurs de l’emploi. Le véritable défi reste donc de transformer ces excédents financiers en leviers tangibles de croissance inclusive, capables de réduire la dépendance extérieure et de stimuler l’investissement productif dans la sous-région.

En somme, la BEAC sort renforcée, mais l’attente des citoyens reste immense : que la prospérité de l’institution se reflète dans la vie économique réelle.

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