Depuis plusieurs années, le coût de la carte de séjour au Gabon alimente débats et incompréhensions. Dans l’opinion, une perception tenace circule : les ressortissants français ne paieraient que 150 000 FCFA, tandis que certains Africains débourseraient jusqu’à 820 000 FCFA pour le même document. Une différence qui choque particulièrement dans un espace CEMAC censé promouvoir l’intégration régionale.
Mais selon une clarification récente relayée par Point Noir TV (17 août 2025), la réalité est plus nuancée :
- 150 000 FCFA pour deux ans : tarif officiel, unique et appliqué à toutes les nationalités.
- 400 000 FCFA : caution de rapatriement, variable selon le prix moyen d’un billet retour vers le pays d’origine.
- 300 000 FCFA : pénalité appliquée uniquement en cas de séjour irrégulier (entrée illégale ou visa expiré).
Ainsi, les montants avoisinant 800 000 FCFA concernent uniquement les premières régularisations en situation irrégulière. Pour un renouvellement en règle, le coût reste fixé à 150 000 FCFA, la caution étant remboursable en cas de départ définitif sans contentieux.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette polémique met en lumière le décalage entre perception et réalité réglementaire. La communication autour des frais reste insuffisante, laissant place à des rumeurs de traitement inégalitaire.
Pour autant, la question de fond demeure : dans une CEMAC qui prône la libre circulation des personnes, le système actuel — basé sur des critères techniques comme le rapatriement — ne risque-t-il pas d’apparaître comme une barrière implicite pour les ressortissants africains ?
Au-delà des clarifications, le vrai défi sera d’engager une harmonisation régionale et de renforcer la transparence administrative, afin de concilier souveraineté nationale et intégration africaine.