Samuel Eto’o a été réélu président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) pour un nouveau mandat de quatre ans. Le vote, qui s’est tenu le 29 novembre au centre technique de Mbankomo, lui a attribué 97,70 % des suffrages, un résultat largement attendu puisqu’il était le seul candidat validé par la commission électorale.
Malgré cette victoire écrasante sur le plan formel, le processus a été marqué par une forte tension institutionnelle. Le ministère des Sports avait, dès le mois d’août, tenté de suspendre le scrutin, invoquant des risques d’irrégularités. Craignant des troubles à l’ordre public, le ministre Narcisse Mouelle Kombi avait même demandé l’annulation de l’assemblée générale élective, une requête finalement restée sans effet.
Cette réélection ne met pas fin aux frictions persistantes entre la Fecafoot et les autorités gouvernementales, ni aux controverses qui ont émaillé le premier mandat de l’ancien capitaine des Lions indomptables.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Pour Com d’Afrik, cette réélection illustre la complexité de la gouvernance du football en Afrique centrale. Sur le plan journalistique, plusieurs éléments méritent attention :
- La quasi-unanimité des votes cache une situation de monopole électoral, où l’absence de candidats alternatifs limite le débat démocratique au sein de la fédération.
- Les interventions répétées du ministère des Sports témoignent de tensions persistantes entre le pouvoir sportif et le gouvernement, une dynamique fréquente dans les instances sportives africaines.
- Sur le plan institutionnel, ce contexte pose la question de la transparence et de la légitimité des instances dirigeantes, essentielles pour crédibiliser la gestion du football et attirer des investissements.
Si Eto’o bénéficie d’une popularité incontestable comme joueur, son rôle à la tête de la Fecafoot sera désormais scruté à la loupe : le défi est de transformer cette notoriété en gestion professionnelle et transparente, capable de renforcer le football camerounais sur la scène continentale et mondiale.