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Cameroun : 48 morts selon l’ONU après la réélection contestée de Paul Biya, le pays au bord de la rupture

Le Cameroun traverse une nouvelle crise politique et sécuritaire d’une rare intensité. Selon les Nations Unies, au moins 48 personnes ont été tuées lors des manifestations qui ont éclaté après la réélection du président Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies.

D’après les informations relayées par Reuters, citant deux sources onusiennes, les forces de sécurité auraient ouvert le feu à balles réelles sur les protestataires.
La majorité des victimes ont succombé à des blessures par balles, tandis que d’autres auraient été battues à mort à coups de matraques ou de bâtons.
Aucune déclaration officielle n’a encore été faite concernant ce lourd bilan humain.

Les violences ont été particulièrement intenses dans la région du Littoral, notamment à Douala, où trois gendarmes figureraient également parmi les morts.
Sur le plan international, la crise camerounaise commence à susciter des réactions : aux États-Unis, le sénateur Jim Risch a qualifié cette réélection de “truquée” et a appelé Washington à revoir sa coopération avec Yaoundé.

📰 Le regard de Com d’Afrik

Les récents événements au Cameroun traduisent une fracture profonde entre pouvoir et population, symptôme d’un épuisement du modèle politique en place depuis des décennies.
Pour Com d’Afrik, cette nouvelle flambée de violence n’est pas un simple épisode post-électoral : elle reflète une crise structurelle de légitimité et un désenchantement citoyen massif.

Le mutisme des autorités face à ce drame humanitaire interroge la place du dialogue et de la transparence dans la gouvernance camerounaise.
Alors que le pays fait face à de multiples défis — économiques, sociaux et sécuritaires —, la répression sanglante de la contestation ne fait qu’amplifier le fossé entre dirigeants et dirigés.

Sur le plan régional, cette situation met également en lumière la fatigue démocratique qui gagne plusieurs États africains, où la longévité au pouvoir s’accompagne de violences politiques récurrentes.
L’avenir du Cameroun dépendra désormais de la capacité du pouvoir à restaurer la confiance et à engager une transition politique pacifique avant que la rupture ne devienne irréversible.

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