Le Burkina Faso a décliné une proposition des États-Unis visant à accueillir sur son territoire des migrants expulsés, en plus de ses propres ressortissants refoulés.
Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a jugé cette initiative « indécente » et incompatible avec la vision souverainiste prônée par le capitaine Ibrahim Traoré.
Cette prise de position intervient alors que l’ambassade américaine à Ouagadougou a récemment suspendu une grande partie de ses services de visa, sans fournir d’explication officielle.
Selon Human Rights Watch, Washington aurait déjà signé des accords discrets avec certains pays africains, notamment le Rwanda et le Ghana, en contrepartie de compensations financières pour héberger ces migrants.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette décision du gouvernement burkinabè illustre une affirmation claire de souveraineté face aux grandes puissances.
Elle s’inscrit dans une dynamique politique où l’autonomie stratégique et la défense de la dignité nationale priment sur les considérations diplomatiques traditionnelles.
Pour Com d’Afrik, le refus de Ouagadougou dépasse la simple question migratoire : il traduit la volonté d’un nouvel équilibre dans les relations internationales africaines, où les États cherchent à reprendre le contrôle de leurs décisions face à des offres perçues comme paternalistes.
Toutefois, ce positionnement pourrait réorienter les relations bilatérales avec Washington, dans un contexte régional marqué par la redéfinition des alliances et la montée d’un discours panafricaniste plus affirmé.