Le Burkina Faso a décidé de réintroduire la peine capitale dans son code pénal, vingt-sept ans après sa dernière application effective en 1988 et sept ans après son abrogation dans la loi de 2018.
Selon le projet de réforme, la peine de mort concernera désormais des infractions jugées « stratégiques », telles que la haute trahison, le terrorisme et l’espionnage. Parallèlement, le gouvernement prévoit des sanctions contre la promotion et les pratiques homosexuelles, marquant un durcissement significatif du cadre juridique et social du pays.
Cette révision législative intervient dans un contexte sécuritaire tendu, où le régime militaire en place cherche à renforcer son arsenal répressif et à affirmer son contrôle sur la société.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Com d’Afrik note que cette réforme soulève de sérieuses interrogations sur les droits humains et les libertés individuelles au Burkina Faso. La réintroduction de la peine de mort, combinée à la criminalisation de l’homosexualité, risque de renforcer les tensions sociales et d’isoler davantage le pays sur la scène internationale.
D’un point de vue journalistique, ce choix politique semble répondre à une logique sécuritaire et symbolique, visant à asseoir l’autorité du régime militaire dans un contexte de menace terroriste, mais il pose également un défi majeur pour les institutions judiciaires, la société civile et les acteurs internationaux de défense des droits humains.
Cette décision pourrait aussi avoir un impact sur la perception du Burkina Faso par les investisseurs étrangers et les partenaires au développement, qui surveillent de près les avancées en matière de gouvernance et de respect des droits fondamentaux.