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Budget 2026 : Philippe Tonangoye défend une enveloppe de 303 milliards FCFA pour accélérer l’accès à l’eau et à l’électricité

Le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Électricité, Philippe Tonangoye, a présenté le 18 octobre 2025 devant la Commission des Finances et du Budget les grandes orientations du budget 2026 de son département.
Objectif : mobiliser 303 milliards de FCFA pour les investissements en infrastructures hydrauliques et énergétiques, contre 24,8 milliards en 2025 — soit une hausse spectaculaire qui témoigne d’une ambition claire : rattraper le retard structurel accumulé dans ces deux secteurs essentiels.

Le ministre a replacé cette demande dans le cadre d’une refonte de la gestion publique, basée sur le principe de la “base zéro”, qui impose à chaque ministère de justifier chaque dépense sur la base d’indicateurs mesurables.
Selon lui, cette méthode introduit une rupture avec les pratiques antérieures, offrant plus de transparence et de cohérence dans la planification budgétaire nationale.

🚰 Un plan d’investissement pour un accès équitable aux services essentiels

L’ambition gouvernementale est de garantir, d’ici 2032, un taux d’accès de 95 % à l’eau potable et 90 % à l’électricité sur l’ensemble du territoire.
Un objectif audacieux, mais nécessaire dans un pays où la vétusté des réseaux, le manque d’entretien et le sous-investissement chronique ont freiné la compétitivité économique et la qualité de vie des populations.

Les fonds sollicités devraient financer plusieurs projets structurants, parmi lesquels :

  • La réhabilitation des stations de pompage et de traitement d’eau ;

  • L’extension du réseau électrique national ;

  • La construction de barrages et de mini-centrales régionales ;

  • Et la modernisation des infrastructures énergétiques vieillissantes.

Ces investissements traduisent la volonté du président Brice Clotaire Oligui Nguema de faire de l’accès à l’eau et à l’énergie un levier de développement durable et de justice sociale.

📰 Le regard de Com d’Afrik

Pour Com d’Afrik, cette demande budgétaire illustre une prise de conscience politique et économique majeure.
L’accès à l’eau et à l’électricité n’est plus seulement une question d’infrastructures, mais un enjeu de souveraineté et d’équité sociale.

Cette hausse massive du budget — multipliée par plus de douze — démontre la volonté du gouvernement de rompre avec la gestion minimaliste du passé.
Cependant, cette ambition soulève des défis de gouvernance : la capacité d’absorption des fonds, la coordination entre institutions, et la traçabilité des investissements seront déterminantes pour éviter les dérives et concrétiser les promesses.

Au-delà des chiffres, il s’agit d’un test de crédibilité pour l’État : transformer les milliards en résultats tangibles pour les citoyens, dans les foyers, les écoles, les hôpitaux et les zones rurales oubliées.
Si cette stratégie est conduite avec rigueur et transparence, le Gabon pourrait enfin combler son déficit d’infrastructures vitales et poser les bases d’un développement réellement inclusif.

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