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Bénin : une tentative de prise de pouvoir rapidement neutralisée à Cotonou

Une tentative de coup de force a été déjouée ce dimanche 7 décembre 2025 à Cotonou. Dans la matinée, un groupe de militaires apparu sur la télévision nationale avait annoncé la destitution du président Patrice Talon. Quelques heures plus tard, l’armée régulière affirmait avoir repris le contrôle de la situation et arrêté les auteurs de cette manœuvre.

Selon des sources proches du pouvoir, le chef de l’État est sain et sauf et n’a à aucun moment été atteint par les mutins.
L’armée assure que les putschistes n’ont pu ni approcher la résidence présidentielle, ni prendre le contrôle des institutions.
Des opérations de sécurisation ont été menées dans plusieurs points sensibles de la capitale, où des coups de feu ont été entendus.

Les autorités indiquent qu’une trentaine de militaires seraient impliqués dans cette action, dont certains déjà sanctionnés ou radiés. Parmi les personnes appréhendées figureraient les principaux initiateurs du putsch.

Le ministre de l’Intérieur Alassane Seidou a confirmé qu’« un groupe de soldats a tenté de renverser les institutions », avant de saluer la réaction des forces armées béninoises qui ont « fait échouer la manœuvre ». Il a invité la population à poursuivre normalement ses activités.

L’Union africaine a, elle aussi, condamné sans ambiguïté cette tentative de renversement et appelé les militaires à regagner leurs casernes.

Au centre de cette mutinerie : un petit groupe de soldats s’autoproclamant « Comité militaire pour la refondation » (CMR), justifiant leur action par un ensemble de griefs liés à la situation sécuritaire au nord du pays, au traitement des soldats tombés au front, et à des frustrations internes concernant les promotions.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Cet épisode rappelle une tendance inquiétante qui traverse plusieurs pays du continent : la multiplication des tentatives de déstabilisation institutionnelle dans des contextes politiques fragilisés par l’insécurité ou par des frustrations internes aux forces armées.

Au Bénin, longtemps perçu comme un modèle de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, cette tentative de putsch soulève des questions essentielles.
Elle met en évidence la présence de tensions latentes au sein de l’appareil militaire, mais aussi l’érosion progressive du climat de confiance entre certains soldats et les institutions étatiques.

Cependant, la rapidité avec laquelle l’armée régulière a réagi montre une volonté ferme de préserver l’ordre constitutionnel. Reste à savoir comment les autorités vont désormais traiter les revendications soulevées par les mutins :

  • S’agit-il de simples prétextes ?
  • Ou ces frustrations reflètent-elles un malaise plus profond au sein de la troupe ?

Le défi à venir sera d’apaiser les tensions internes tout en renforçant la cohésion des forces armées pour éviter que ce type d’incident ne se reproduise.
Pour le Bénin, cet événement est un signal d’alerte, rappelant que même les démocraties les plus stables ne sont jamais totalement à l’abri des fractures internes.

 

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