Bénin : Mandat présidentiel étendu à sept ans après une révision accélérée
Com dAfrik / 14 minutes
18 novembre 2025
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Le Bénin a adopté samedi une révision constitutionnelle majeure à quelques mois de la présidentielle prévue en avril 2026. L’Assemblée nationale a approuvé le passage du mandat présidentiel de cinq à sept ans, ainsi que la création d’un Sénat, par 90 voix pour et 19 contre.
Cette réforme, qui a surpris de nombreux observateurs, intervient après la confirmation officielle des candidats au scrutin : Romuald Wadagni, successeur désigné de Patrice Talon, fera face à Paul Hounkpé (FCBE). La candidature de Renaud Agbodjo, pour le parti d’opposition Les Démocrates, a été rejetée faute de parrainages suffisants.
Le passage au septennat ne modifie toutefois pas l’article clé limitant le président à deux mandats dans sa vie. Le texte doit encore être validé par la Cour constitutionnelle avant promulgation officielle.
Pour Com d’Afrik, cette révision express illustre la tension entre réforme institutionnelle et enjeux électoraux dans un contexte politique fortement polarisé.
1. Une réforme symbolique et stratégique
L’allongement du mandat, à quelques mois de l’élection, pourrait être perçu comme une manœuvre politique, visant à consolider la continuité du pouvoir et à renforcer la planification à long terme pour l’exécutif.
2. La création du Sénat : un équilibre à construire
L’introduction d’une chambre haute ouvre de nouvelles perspectives institutionnelles, mais pose aussi la question de son rôle réel dans le système politique, de sa composition et de son indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif.
3. Une opposition sous pression
Le rejet de certains candidats souligne les défis pour l’opposition, confrontée à des obstacles structurels et institutionnels qui pourraient limiter la compétition politique et affecter la perception démocratique du scrutin.
4. Une vigilance démocratique nécessaire
Cette évolution rappelle que la consolidation démocratique passe par la transparence, l’équité électorale et la responsabilité des institutions. Les citoyens, médias et observateurs devront suivre de près la mise en œuvre de ces réformes pour garantir un équilibre entre stabilité et pluralisme politique.