Lors d’un atelier dédié à la fiscalité foncière, la Représentante Résidente de la Banque mondiale, Aissatou DIALLO, a adressé un message fort aux autorités gabonaises, aux experts africains et aux acteurs de l’administration fiscale.
Elle a d’abord salué l’implication du Gouvernement gabonais, en particulier la Direction Générale des Impôts, dont l’organisation de cette rencontre illustre une volonté claire : accélérer la transformation du système fiscal et renforcer les ressources nécessaires au développement national.
La Banque mondiale, à travers le Programme Global sur les Taxes (GTP), accompagne le Gabon dans l’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures, un levier crucial pour soutenir les politiques publiques et promouvoir un développement économique durable.
Une ressource locale à fort potentiel, mais encore peu exploitée
La fiscalité foncière, pourtant essentielle au financement des collectivités locales, reste largement sous-utilisée.
Plusieurs obstacles persistent :
- un cadastre encore partiellement couvert,
- des valeurs foncières insuffisamment actualisées,
- des exonérations multiples,
- et des mécanismes de collecte qui demandent à être modernisés.
Alors que le potentiel annuel avoisinerait 100 milliards FCFA, seulement un quart de ce montant est véritablement perçu. Cette faible mobilisation rappelle l’importance de réformes coordonnées pour optimiser cette ressource stratégique.
Un cadre d’échanges continental
L’atelier réunit 15 experts issus de 9 pays africains, francophones et anglophones, dans une dynamique de partage d’expériences et de solutions novatrices.
La fiscalité foncière, au cœur des discussions, apparaît comme un outil clé :
- pour améliorer les recettes publiques,
- pour renforcer la planification territoriale,
- et pour améliorer les services offerts aux citoyens.
Un engagement renouvelé de la Banque mondiale
La Banque mondiale réaffirme son appui pour :
• stimuler la collaboration institutionnelle,
• renforcer les compétences techniques des administrations,
• encourager une meilleure appropriation des réformes fiscales,
• et accompagner la mise en œuvre concrète de la feuille de route fiscale du Gabon.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
En tant que média spécialisé dans les dynamiques économiques et institutionnelles du continent, Com d’Afrik observe que le débat sur la fiscalité foncière intervient à un moment décisif pour le Gabon.
La modernisation du système fiscal apparaît comme l’un des leviers les plus efficaces pour renforcer l’autonomie financière des collectivités et soutenir les politiques publiques dans un contexte économique exigeant.
L’implication d’experts de divers pays africains souligne un fait important : le développement passe désormais par le partage des expériences, l’ouverture et l’innovation administrative.
Si les freins techniques et opérationnels restent nombreux, la volonté politique exprimée lors de ce séminaire — associée au soutien de partenaires comme la Banque mondiale — pourrait permettre au Gabon de franchir un cap déterminant.
Pour Com d’Afrik, cette rencontre représente une opportunité unique de repenser la gouvernance foncière, d’optimiser la fiscalité locale et d’ancrer durablement une culture de performance dans l’administration fiscale gabonaise.