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Audit de la dette extérieure : Oyima veut passer les comptes du Gabon au peigne fin

Après l’annonce du 15 septembre 2025 concernant l’ouverture d’un audit des ordonnances en attente de règlement au Trésor public pour les exercices 2022, 2023, 2024 et 2025, le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Henri-Claude Oyima, franchit une nouvelle étape. Il souhaite désormais examiner en profondeur les emprunts contractés par l’État gabonais auprès des institutions financières internationales.

Selon des sources proches du dossier, le ministère prépare également une vaste opération de vérification des créances encore en souffrance vis-à-vis de banques internationales telles que la Santander, la Deutsch Bank, la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), Cargill Financial Services International, Inc., ainsi que d’autres établissements financiers de renom.

Au fil des années, le Gabon a accumulé plusieurs dizaines, voire centaines de milliards de FCFA de dettes destinées à financer des projets de développement.

État des paiements extérieurs

Les données de la Direction générale de la Dette (DGD) révèlent qu’en 2024, le pays a réglé 652,9 milliards de FCFA au titre de la dette extérieure, contre 732,3 milliards en 2023, soit une baisse de 10,8%.

  • La dette bilatérale enregistre une diminution marquée de 43,5%.
  • Les règlements liés à la dette commerciale et à celle contractée sur les marchés financiers internationaux reculent respectivement de 35,7% et 27,9%.
  • En revanche, la dette multilatérale affiche une nette progression de 42,6%, atteignant 281,5 milliards de FCFA en 2024, contre 197,4 milliards l’année précédente.

Le regard de Com d’Afrik

Cette initiative d’audit de la dette extérieure témoigne d’une volonté politique de transparence et de rigueur dans la gestion des finances publiques. Toutefois, elle soulève également une interrogation majeure : l’État parviendra-t-il réellement à clarifier et maîtriser l’ensemble de ses engagements vis-à-vis des bailleurs internationaux ?
Le contraste entre la baisse des paiements sur certaines formes de dettes et la forte hausse des remboursements multilatéraux traduit un déséquilibre dans la stratégie de gestion de la dette. Cela révèle aussi une dépendance croissante vis-à-vis des institutions multilatérales, souvent perçues comme plus exigeantes en matière de réformes économiques et de gouvernance.
L’enjeu pour le Gabon sera donc non seulement de faire la lumière sur l’état réel de ses engagements, mais aussi de définir une trajectoire de désendettement crédible, afin de préserver sa souveraineté économique tout en garantissant la poursuite des projets de développement.

 

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