Assemblée nationale : Ntoutoume Ayi fustige un huis clos jugé contraire à la Constitution
Com dAfrik / 3 minutes
17 novembre 2025
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La décision du Secrétaire général de l’Assemblée nationale de rendre la session inaugurale du 17 novembre 2025 non ouverte au public suscite une vive controverse.
Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, cadre de l’Union nationale (UN), dénonce une entorse flagrante à la Constitution et accuse l’administration parlementaire de restreindre illégalement l’accès des médias et de la population à cette séance essentielle, dédiée à l’élection du Président et du Bureau de la Chambre.
Selon une note datée du 13 novembre 2025, le Secrétaire général Patrick Ndongo justifie le huis clos au regard des articles 84 de la Constitution et 11 du Règlement intérieur. Une interprétation que conteste fermement Ntoutoume Ayi, qui estime que ces références ne permettent nullement la privatisation d’une séance qui doit, par principe, être publique.
Une lecture constitutionnelle qui divise
Pour l’opposant, l’article 84 évoqué définit uniquement le délai et le contenu de la séance inaugurale — sans jamais mentionner la possibilité de la tenir à huis clos.
Il rappelle ensuite l’article 88, plus explicite : les séances du Parlement sont publiques, sauf exception clairement encadrée. Un huis clos ne peut être décidé que :
par le Président de la République,
ou par au moins un cinquième des députés.
Aucune de ces conditions n’étant remplie, Ntoutoume Ayi affirme que le Secrétaire général n’a aucune prérogative pour ordonner seul une telle mesure.
Cette décision, souligne-t-il, porte atteinte à la transparence et affaiblit symboliquement l’installation de la nouvelle Assemblée, au moment où le pays entre dans la Cinquième République, censée renforcer la confiance entre citoyens et institutions.
Cette controverse met en lumière un enjeu crucial : la réaffirmation des principes démocratiques dans une période institutionnelle sensible.
Derrière le débat juridique se cache une question fondamentale : comment garantir que les règles du jeu parlementaire soient appliquées dans leur intégrité, sans dérive administrative ou interprétation abusive ?
La tenue d’une séance inaugurale à huis clos, sans base juridique solide, crée un précédent préoccupant. Elle nourrit l’idée d’une gouvernance intériorisée, moins accessible au public, et alimente les doutes quant à la volonté réelle d’ancrer la transparence au cœur de la nouvelle législature.
L’affaire rappelle que les institutions ne se contentent pas d’être écrites : elles doivent être vécues, respectées et incarnées.
La crédibilité du Parlement repose autant sur ses textes fondateurs que sur la manière dont ses acteurs les appliquent.
À quelques jours de la session, l’enjeu dépasse le simple protocole : il interroge la capacité des nouvelles autorités parlementaires à s’inscrire dans un cadre constitutionnel clair, ouvert et pleinement démocratique.