Com d'Afrik

Après huit années d’une collaboration très médiatisée, Arsenal et le Rwanda mettent fin à leur accord de sponsoring

L’initiative « Visit Rwanda », devenue l’un des outils de communication internationale les plus visibles du pays, ne figurera plus sur les maillots des Gunners à partir de juin 2026.

Selon Kigali, ce retrait marque l’accomplissement des objectifs fixés : hausse notable des recettes touristiques, visibilité mondiale renforcée et ouverture de nouveaux marchés. Les autorités rwandaises revendiquent un impact direct, avec une progression de 47 % du secteur touristique depuis le début du partenariat.

Mais derrière le succès affiché, une réalité plus contrastée s’est imposée au fil des années. Le partenariat a été régulièrement accusé de relever du « sportswashing », dans un contexte où les tensions régionales — notamment les accusations de soutien au M23 en RDC — ont suscité de vives réactions. Supporteurs européens, autorités congolaises et ONG ont multiplié les critiques, appelant parfois à la rupture pure et simple du contrat.

Au-delà de la Premier League, Kigali met en avant l’héritage sportif du partenariat : formation d’entraîneurs, immersion d’athlètes rwandais au sein d’infrastructures d’élite, et programmes de développement visant à structurer le football local. Un volet que les autorités rwandaises considèrent comme un atout durable.

La nouvelle stratégie de « Visit Rwanda » s’oriente désormais vers l’Ouest. Le pays mise sur l’Amérique du Nord — son principal marché touristique émergent — via des collaborations avec les franchises des Los Angeles Clippers, des Los Angeles Rams et le So-Fi Stadium. À cela s’ajoute une ouverture vers les marchés hispanophones grâce à un partenariat avec l’Atlético Madrid.

En Europe, seul le Paris Saint-Germain poursuit l’aventure, prolongeant l’accord jusqu’en 2028 malgré une forte contestation citoyenne.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Ce retrait marque une transition stratégique plus qu’un renoncement. Pour Com d’Afrik, trois éléments ressortent :

• D’abord, le Rwanda utilise le sport comme levier diplomatique majeur pour façonner son image internationale, mais cette visibilité mondiale expose aussi le pays au regard critique de l’opinion et aux tensions géopolitiques.

• Ensuite, la fin du partenariat avec Arsenal traduit une volonté de cibler des marchés plus solvables et moins politisés, illustrant une diplomatie sportive désormais plus calculée et orientée vers le rendement.

• Enfin, cette séquence rappelle que les clubs européens, sous pression de leurs fanbases, deviennent des acteurs influents dans les débats internationaux — un facteur qui redéfinit les limites entre sport, politique et géoéconomie.

Pour l’Afrique, cette affaire sert d’exemple : la diplomatie sportive peut être puissante, mais elle reste fragile lorsqu’elle se heurte aux réalités géopolitiques régionales.

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