Affaire Harold Leckat : quand la liberté de la presse vacille sous le poids de la répression
Com dAfrik / 2 semaines
22 octobre 2025
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Interpellé le mercredi 15 octobre 2025 à son arrivée à l’aéroport international de Libreville, le journaliste gabonais Harold Thibault Leckat Igassela, fondateur et directeur du média en ligne Gabon Media Time (GMT), a été placé sous mandat de dépôt après six jours de garde à vue à la Direction générale des recherches (DGR).
D’après plusieurs sources concordantes, il aurait été contraint de dormir menotté à une chaise, sans accès aux sanitaires ni aux conditions minimales d’hygiène.
Sur le plan judiciaire, il est accusé d’avoir reçu, via son agence Global Media Time, des paiements de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) sans procédure d’appel d’offres. Des faits qui relèvent davantage d’un différend commercial que d’une infraction pénale, selon de nombreux observateurs.
Face à cette situation, un collectif de professionnels des médias gabonais (CPPL, OPAM, RENAJI, UPF Gabon, M&D Gabon et RSF Gabon) a exprimé sa vive préoccupation, dénonçant un “acharnement injustifié” et des conditions de détention dégradantes.
De son côté, l’ONG SOS Prisonnier a mis en cause le non-respect de principes fondamentaux tels que l’indépendance de la justice, les droits de la défense, et la dignité humaine en détention.
L’organisation Médias & Démocratie alerte quant à elle sur une dérive inquiétante : l’utilisation de la justice comme outil de pression contre la presse indépendante. Dans tout État de droit, la détention préventive devrait demeurer l’exception, non la norme.
L’affaire Harold Leckat soulève une fois de plus la question cruciale de la protection des journalistes en Afrique centrale. Au-delà du cas individuel, c’est le climat de liberté d’expression qui semble fragilisé.
En restreignant la parole des acteurs de l’information, on compromet non seulement le droit du public à être informé, mais aussi la transparence démocratique elle-même.
Com d’Afrik estime qu’il est urgent d’ouvrir un véritable dialogue national sur la place du journalisme dans notre société, loin des intimidations et des pressions politiques.
Le rôle d’un média n’est pas d’être docile, mais d’être utile à la vérité, même lorsqu’elle dérange.