Tanzanie : nouvelles tensions à Dar es Salaam après un scrutin contesté
Com dAfrik / 2 jours
1 novembre 2025
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Pour le deuxième jour consécutif, Dar es Salaam a été le théâtre de manifestations et d’affrontements avec les forces de l’ordre. Selon des témoins relayés par Reuters, la police a eu recours à des coups de feu et des gaz lacrymogènes pour disperser les foules.
Les troubles ont débuté le jour du vote, après l’exclusion des deux principaux adversaires de la présidente Samia Suluhu Hassan, une décision perçue par l’opposition comme une manœuvre autoritaire. Un couvre-feu nocturne a été instauré dans la capitale et l’accès à Internet reste fortement limité à l’échelle nationale.
Les bilans humains varient : le militant Tito Magoti évoque au moins cinq morts, tandis qu’une source diplomatique parle d’une dizaine de victimes uniquement à Dar es Salaam.
Cette crise illustre la fragilité des processus électoraux dans certains pays d’Afrique de l’Est, où la contestation populaire peut rapidement dégénérer en violences urbaines. L’exclusion de candidats majeurs alimente le sentiment de déséquilibre démocratique, ce qui fragilise la confiance des citoyens dans les institutions et accentue les tensions sociales.
Au-delà de l’urgence sécuritaire, la situation met en lumière la nécessité d’un cadre électoral inclusif et transparent, capable de garantir que tous les acteurs politiques puissent concourir équitablement. La restriction de l’accès à Internet et l’instauration d’un couvre-feu reflètent la tentation des pouvoirs publics de privilégier l’ordre à court terme au détriment du dialogue démocratique, une approche qui pourrait avoir des effets durables sur la légitimité du gouvernement et la stabilité du pays.
En somme, la Tanzanie est à un point charnière : les prochaines décisions des autorités détermineront si la situation se normalise ou si elle risque d’entraîner une crise politique plus profonde.