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Gouvernance et lutte anticorruption : l’affaire Boungoueres, un test décisif pour la promesse de rupture du régime Oligui
Com dAfrik / 2 jours
1 novembre 2025
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L’arrestation d’Alain Simplice Boungoueres — ancien candidat à la présidentielle d’avril 2025 et ex-conseiller spécial du Président Brice Clotaire Oligui Nguema — marque une nouvelle étape dans la dynamique de lutte contre la corruption engagée par les autorités gabonaises.
Soupçonné d’avoir bénéficié de paiements illicites de la part d’acteurs économiques étrangers en échange de facilités administratives et de marchés publics, il rejoint la liste des hauts responsables principalement issus de l’ancien système politique désormais poursuivis par la justice.
Selon les premiers éléments judiciaires, l’enquête menée par le pôle économique de Libreville porterait sur un réseau impliquant des attributions de contrats non transparentes, des mouvements financiers vers des comptes étrangers et des avantages matériels significatifs.
Autant de pratiques ayant longtemps fragilisé la gouvernance publique et la confiance citoyenne.
Depuis août 2023, le pouvoir en place a fait de la lutte contre l’impunité un axe majeur pour restaurer la crédibilité de l’État et rassurer les partenaires internationaux, dont le FMI, la Banque mondiale et l’Union européenne.
L’affaire Boungoueres constitue un moment charnière pour mesurer la solidité des engagements du régime en matière de transparence et de bonne gouvernance.
Si cette arrestation illustre clairement la volonté affichée de rompre avec les dérives passées, elle remet également au centre du débat une interrogation essentielle : l’action judiciaire s’appliquera-t-elle avec la même rigueur à tous les niveaux de pouvoir, y compris au sein des cercles actuels de décision ?
Pour l’heure, les opérations anticorruption concernent principalement des figures associées à l’ancien système politique. Cette tendance, bien que saluée par une partie de l’opinion publique, nourrit aussi des attentes :
plus de transparence sur les procédures de passation de marchés récents,
un contrôle indépendant des finances publiques,
et des enquêtes impartiales, y compris lorsqu’elles touchent des personnalités proches du pouvoir actuel.
La crédibilité de la rupture annoncée se jouera dans la capacité à garantir une justice équitable, sans sélectivité ni instrumentalisation.
Punir les abus du passé est indispensable ; prévenir et sanctionner ceux du présent est tout aussi essentiel. C’est à cette condition que la confiance des citoyens — et des investisseurs — pourra durablement se reconstruire.