Libreville : une opération de salubrité lancée pour redonner vie au canal Martine Oulabou
Com dAfrik / 7 jours
28 octobre 2025
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Ce lundi 27 octobre 2025, les autorités gabonaises ont lancé une vaste opération de nettoyage du canal Martine Oulabou, devenue urgente face à la dégradation avancée de ce cours d’eau stratégique pour l’assainissement de Libreville.
Placée sous la conduite du Ministère de l’Environnement et de la Mairie de Libreville, l’opération bénéficie du soutien technique et logistique de Clean Africa, société publique chargée de la gestion des déchets et des travaux d’assainissement.
Le canal, qui traverse plusieurs quartiers — Cité Mebiame, Avéa, Atong Abé, Cocotiers, Foyer de Charité et Boulevard Bessieux — avant de se jeter dans l’océan, est aujourd’hui saturé de déchets plastiques, ménagers et commerciaux issus de dépôts sauvages effectués hors des jours de collecte ou des zones autorisées.
Pour rétablir la situation, d’importants moyens humains et matériels ont été mobilisés : une vingtaine d’agents (opérateurs, conducteurs, chauffeurs et superviseurs) épaulés par un dispositif technique lourd comprenant pelles mécaniques, camions-bennes, amplirolls et camions plateaux.
L’objectif : restaurer la circulation des eaux et prévenir les inondations récurrentes dans les zones riveraines.
Mais au-delà du curage, cette initiative s’accompagne d’une campagne de sensibilisation pour encourager les habitants à adopter des gestes écoresponsables. Les autorités rappellent qu’aucune politique d’assainissement ne peut réussir sans la participation active des citoyens : la propreté de la ville est une affaire collective.
Pour Com d’Afrik, cette opération traduit une prise de conscience salutaire des pouvoirs publics face à un enjeu environnemental majeur.
Cependant, elle met aussi en lumière une réalité structurelle préoccupante : l’absence d’une politique urbaine durable d’assainissement, souvent limitée à des actions ponctuelles en réaction aux crises.
L’incivisme, bien que réel, ne saurait à lui seul expliquer la dégradation de nos espaces publics. Il révèle aussi un déficit de planification, de contrôle et d’infrastructures adaptées.
Si l’opération Martine Oulabou veut marquer un tournant, elle doit s’inscrire dans une vision globale de gestion des eaux pluviales et des déchets, intégrant éducation citoyenne, surveillance environnementale et innovation urbaine.
La salubrité de Libreville ne peut être un événement : elle doit devenir une culture partagée.