Fiscalité au Gabon : le FMI pointe un système trop généreux envers les entreprises
Com dAfrik / 1 semaine
26 octobre 2025
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Le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI), publié en octobre 2025, remet en question la politique fiscale jugée trop permissive du Gabon.
Selon l’institution, le pays perd chaque année entre 1,2 % et 1,5 % de son PIB – soit près de 180 milliards FCFA – à cause des exonérations fiscales et régimes spéciaux accordés à certains acteurs économiques.
Ces avantages concernent principalement les secteurs pétrolier, minier et forestier, qui bénéficient de dérogations sur la TVA, les droits de douane et l’impôt sur les sociétés.
Problème : ces dispositifs, censés attirer l’investissement, n’ont pas été évalués depuis plusieurs années, et leur maintien automatique grève les ressources de l’État.
Le FMI souligne que le Gabon ne publie toujours pas de rapport annuel sur le coût réel de ses dépenses fiscales, contrairement à plusieurs pays de la CEMAC.
Un manque de transparence qui empêche toute évaluation de l’efficacité de ces mesures et prive le pays d’un débat public éclairé sur la pertinence de ces privilèges fiscaux.
📉 Une pression fiscale inférieure à la moyenne régionale
Avec des recettes fiscales équivalentes à seulement 13 % du PIB, le Gabon reste en dessous de la moyenne régionale estimée à 15 %.
Cette faiblesse structurelle limite la capacité du gouvernement à financer ses programmes sociaux et ses infrastructures prioritaires.
D’après le FMI, une meilleure maîtrise des exonérations permettrait de récupérer jusqu’à 150 milliards FCFA de recettes supplémentaires par an, sans pour autant augmenter les impôts existants.
L’institution recommande au Gabon de renforcer la transparence budgétaire en publiant chaque année la liste, le coût et la durée des avantages fiscaux accordés. Une démarche adoptée avec succès dans plusieurs pays africains qui a permis d’améliorer la gouvernance financière et de réduire les inégalités fiscales.
Au-delà des chiffres, cette alerte du FMI met en lumière un problème de gouvernance économique plus profond : celui d’un État qui peine à arbitrer entre stimulation économique et équité fiscale.
En maintenant des régimes dérogatoires sans évaluation, le Gabon entretient un système où les grandes entreprises profitent davantage que les contribuables ordinaires, accentuant les déséquilibres sociaux.
Pour Com d’Afrik, la vraie question n’est pas seulement de savoir combien coûte la fiscalité de faveur, mais à qui elle profite réellement.
Alors que le pays cherche à diversifier son économie, une réforme fiscale transparente et équitable apparaît comme une condition essentielle pour restaurer la confiance des investisseurs et des citoyens.
Le Gabon ne manque pas de potentiel, mais il doit désormais prouver sa capacité à transformer ses ressources en prospérité partagée.